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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures. Vous pouvez me suivre sur mon compte twitter ou sur mon compte gmail : Marine Reigner

27 Nov

Conversation avec Ian Manook pour "Yeruldelgger"

Publié par Les Polars de Marine

Les interviews ne sont pas mon habitude mais dans le cas présent, j'avoue avoir eu l'envie de pousser la curiosité et de rencontrer l'auteur de mon troisième coup de coeur de l'année : "Yeruldelgger" de Ian Manook.

C'est donc cette conversation que je vous propose de lire. L'auteur s'est prêté au jeu des questions réponses en toute simplicité et je l'en remercie vivement. J'en profite également pour dire que ce roman publié aux Editions Albin Michel est sélectionné pour le Prix du Quai du Polar qui se tiendra à Lyon du 4 au 6 Avril prochains. 

 

Qui êtes-vous ?

Je suis âgé de 65 ans. Issu d’une famille ouvrière, j’ai fait de longues études avant de partir pour un long voyage de 27 mois qui a changé ma vision du monde et du rapport à autrui, et qui a joué un rôle de déclencheur dans ce que je suis devenu aujourd’hui.

J’écris depuis très longtemps. Pour payer mes études, j’ai été pigiste. J’ai fait des études de droit et sciences po.

En 1986, j’ai créé une Société de communication et de création pour les catalogues de voyage sous le nom de « Manook ». J’ai également créé une maison d’éditions qui adaptait des héros de bandes dessinées (Goldorak entre autres pour ceux qui s’en souviennent). Je l’ai vendue en 2009 pour pouvoir me consacrer à l’écriture.

 

Pourquoi avoir choisi le métier de journaliste ?

Pour l’indépendance qu’il procure et la liberté d’expression qu’il suppose.

 

Yeruldelgger est-il votre premier roman ?

Non, j’ai déjà écrit trois autres livres suite à un défi lancé par une de mes filles : celui d’écrire deux livres par an, chaque fois dans un genre nouveau et sous un pseudo différent. Mais c’est ma plus jeune fille qui m’a dit qu’elle ne me lirait plus tant que je ne serais pas édité.

 

Qu’est-ce qui vous plait dans l’écriture ?

Inventer des destins et les maîtriser, et dans le même temps me laisser entraîner par mes personnages.

 

Comment trouvez-vous votre inspiration ?

Dans le quotidien tout simplement. J’observe beaucoup, je suis un curieux de nature et cette curiosité est permanente. Je tire parti des situations quotidiennes, de ce que je vois, de ce que j’entends, de ce que je lis. De tout !

 

Pourquoi avoir choisi ce pays comme décor ?

J’affectionne particulièrement les pays à l’atmosphère minérale et au départ, je voulais écrire un roman dont l’intrigue se serait déroulée en Islande. Mais un voyage en Mongolie m’a convaincu d’y dérouler mon intrigue car ce pays ajoute à son atmosphère « nordique » tout le mystère de la culture et de la spiritualité nomade.

J’ai découvert ce pays grâce à ma plus jeune fille qui parraine depuis dix ans déjà un petit garçon. Elle voulait savoir si la somme qu’elle versait chaque mois était judicieusement utilisée. Nous sommes donc allés rencontrer son filleul, Gantulga, qui n’a rien à voir avec mon jeune héros sinon que je lui ai emprunté son prénom qui signifie bien « Cœur d’acier ».

Yeruldelgger est donc la combinaison de trois éléments : mon amour pour les polars Nordiques, un pays à l’atmosphère minérale et la spiritualité d’une civilisation nomade.

 

Yeruldelgger est un personnage haut en couleurs et au caractère fort et déterminé. Comment est-il né ?

J’ai « récupéré » physiquement ce personnage dans deux projets de thriller qui se déroulaient, le premier aux États Unis, le second à paris. Mais ce flic, que je qualifierai de « égoïste généreux », s’est aussitôt enrichi de lui-même de « l’esprit nomade » dès que je l’ai rapatrié en Mongolie.

 

La fin du roman laisse présager une suite. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ? Et quand aurons-nous le plaisir de retrouver la suite de ses aventures ?

Normalement la sortie d’un second roman coïncide avec la sortie du premier en format poche. Le manuscrit de ce qui s’intitule pour l’instant Yeruldelgger 2 (mais qui portera bien évidemment un autre titre) sera remis aux Éditions Albin Michel fin Janvier. Ce sont eux qui décideront ensuite de le publier soit au début de l’été, soit à la prochaine rentrée littéraire de Septembre.

 

Prévoyez-vous de participer à des salons littéraires ? Si oui, lesquels ?

Oui, je serai présent au Quai du Polar à Lyon, au festival de Mulhouse et à celui de Lamballe, c’est déjà à peu près sûr, et d’autres manifestations semblent vouloir de ma présence…

 

Quels sont vos auteurs préférés ?

 « L’arrangement d’Elia Kazan » qui est mon livre de chevet, Buzzati pour les nouvelles, Jorge Amado : « La boutique aux miracles » en particulier.

 

Le Goncourt a été attribué cette année à un ancien auteur de polars. L’avez-vous lu ?

Oui et j’ai beaucoup aimé ce roman. Je suis très heureux que le Goncourt ait été décerné à une œuvre à la fois romanesque, populaire, et littéraire.

 

La vente de manuscrits papier enregistre une baisse au profit du numérique. Encore non significative mais en progression. Il est vrai qu’un roman broché coûte environ 20 € alors qu’un ouvrage en numérique coûte moins cher. Qui plus est, cette méthode de lecture semble plus aisée et plus pratique à l’heure du développement des tablettes. Que pensez-vous de la lecture numérique ?

J’apprécie certains avantages pratiques de la lecture numérique : celui de pouvoir partir en vacances avec une vingtaine de romans sans être en excédent de bagages par exemple. Mais j’avoue être partagé entre les deux car j’ai besoin du contact du papier et je rachète toujours en version papier les romans qui m’ont plu en version numérique. Je suis plus inquiet quant à la tendance de plus en plus prononcée à vouloir développer des romans numériques interactifs. J’ai peur que cela ne ramène la littérature au niveau des jeux vidéo…

 

L’édition c’est une moyenne de 450.000 exemplaires vendus chaque année dont 116.000 romans et 24.000 romans policiers, un chiffre qui place cette catégorie à la seconde place des romans les plus vendus après les contemporains. Que pensez-vous de cet engouement pour le polar ?

Je ne pense pas réellement qu’il s’agisse d’un engouement pour le polar en particulier, mais plutôt pour ce qu’il contient et qui aurait dû rester essentiel en littérature : La narration d’une histoire. Le polar oblige à construire une histoire, à travailler une intrigue, bref à retrouver un esprit romanesque qui souvent manque dans la littérature contemporaine. Et puis dans la mesure où un bon livre doit traduire de façon personnelle des émotions universelles, en jouant de l’amour, de la douleur, de la mort, le polar s’inscrit tout à fait dans cette dimension.

 

Qu’est-ce qui, selon vous, contribue à la réussite d’un bon roman policier ?

L’épaisseur des personnages et l’attraction ou le rejet qu’ils suscitent chez le lecteur. Une intrigue plus dans l’univers du probable que dans celui du possible. L’art de semer des cailloux et de poser des jalons.

 

Avez-vous rencontré des difficultés pour faire publier votre roman ? Comment s’est fait votre choix pour l’éditeur ?

Pendant l’écriture de Yeruldelgger, j’ai retrouvé un ami d’enfance qui est devenu notre voisin. Lors d’un dîner de retrouvailles, j’ai rencontré chez lui par hasard une personne que je ne connaissais pas et qui m’a proposé de le faire lire chez Albin Michel. Bien évidemment, j’ai accepté et je ne le regrette pas.

 

Je n’ai, jusqu’à présent, lu aucune chronique négative sur votre roman. Comment percevez-vous les critiques ?

Quand elles sont argumentées j’essaye de les accepter de façon constructive. Mais tout créateur est forcément inquiet quand il lit un jugement qui met en doute à la sincérité de son travail.

 

Comment écrivez-vous ?

Ma technique d’écriture est simple : j’écris les deux premiers chapitres indifféremment. Ce sont les personnages qui me guident. Je n’ai pas de plan. J’écris au gré de mon inspiration.  Les connexions entre les personnages se font au fil des lignes. Je me laisse ensuite porter par l’histoire en resserrant les boulons chaque fois qu’il le faut pour que ni l’intrigue ni les personnages ne m’échappent

 

Quel conseil donneriez-vous à un jeune écrivain ?

Ecrire tout simplement. Écrire, écrire, écrire et ne jamais hésiter à se faire lire.

 

Quelle est votre devise ?

Je n’ai pas de devise particulière mais j'ai des expressions favorites : « je fais mon travail », « carpe diem », « deviens ce que tu es », « il faut tenter sa chance pour savoir ce qu’elle vaut », « résister à la tentation pour mieux y succomber »…

 

Si la vie vous offrait la possibilité de tout recommencer, feriez-vous le même parcours ou votre choix serait-il différent ?

Je ferais le même parcours en essayant d’aller plus loin dans chaque étape.

 

Si vous n’aviez qu’un seul mot pour vous définir, quel serait-il ?

Curieux.

 

Si vous aviez la possibilité de faire un vœu, quel serait-il ?

« Pouvoir faire mille vœux » ou tout simplement que tout continue de la même façon.

Conversation avec Ian Manook pour "Yeruldelgger"Conversation avec Ian Manook pour "Yeruldelgger"
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Jacques 22/12/2013 17:22

Bravo Marine, pour cet entretien, très intéressant. j'ai beaucoup aimé ce livre, moi aussi. Une belle découverte !

Marine 23/12/2013 22:09

Merci Jacques pour ce commentaire.
Rencontrer cet auteur a été un réel plaisir.

gruz 28/11/2013 20:30

Quel plaisir d'en savoir davantage sur cet auteur qui a tellement marqué mes lectures de l'année ! ;-)
Décidément, j'aime beaucoup l'homme derrière ses mots.
J'aime particulièrement sa définition du polar, très juste et totalement en phase avec ma façon de voir les choses.
Et maintenant je sais que j'aurai le plaisir de le croiser à Lyon ET Mulhouse ;-)
Merci Marine !

Marine 02/12/2013 19:25

Cet entretien a été un vrai plaisir Yvan !

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