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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures.

20 Nov

"L'heure des fous" Nicolas Lebel

Publié par Les Polars de Marine

Bonjour. Ne vous asseyez pas, vous êtes déjà partis, leur lança Matiblout. La BAC vient d’appeler. Ils ont un cadavre sur une voie désaffectée près de la gare de Lyon, à hauteur de la voie 24. C’est un SDF qui a été poignardé, d’après ce que je sais. Le procureur nous charge de l’affaire. Il et 11h20. Vous appelez Latour pour qu’elle vous rejoigne là-bas. Le légiste est en route. Vous me réglez ça rapidement. Identité, appel à la famille, questions aux clochards du coin. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël. Je compte sur vous, capitaine, pour me boucler ça vite fait.

Il s'agit donc, dans un premier temps, d'une affaire qui parait relativement simple. Mais quand les policiers découvrent que le cadavre en question n’est pas un SDF et que celui-ci révèle son identité, ils comprennent très vite qu’ils devront dénouer les fils d’une enquête peu ordinaire et surtout très délicate.

 

 

Les personnages de « L’heure des fous » sont travaillés et intéressants. L’auteur ne se contente pas de nous faire partager le quotidien de ces enquêteurs mais nous dévoile aussi leur intimité, ce qui aide le lecteur à mieux comprendre les raisons de certains actes.

 

Ils ont tous une personnalité bien particulière :

 

. Le capitaine Merlicht, acariâtre et machiste ; qui ne fait pas dans le sentiment, a un franc parler assez particulier, est amateur de sudoku et de répliques d’Audiard, qui mène son équipe d’une poigne de fer et au physique peu avenant : le « type à tête de grenouille dont il faut se méfier ».

"Ca, on ne pouvait pas le nier : le petit homme chétif en costume marron avait une tête de rainette, un peu à la Paul Prébois, mais en plus batracien encore. Ses yeux étaient deux boules sombres que l’on aurait juré indépendantes l’une de l’autre, capables de lorgner l’une la grille de sudoku, l’autre ce qui passait alentour. Nul n’aurait pu dire s’il avait une langue visqueuse, mais à l’instant où il quittait le bâtiment – ce qui se produisait toutes les demi-heures -, on voyait poindre de sa gueule un mégot laiteux qu’il supait avec délectation, s’imbibant de sa teinte cireuse jusqu’au bout de brunes qui ponctuaient  chaotiquement son crâne fripé où vacillaient au vent du ventilateur les derniers lambeaux  d’une chevelure défunte.

Merlicht devait avoir soixante-quinze ans, peut-être quatre-vingts, peut-être plus. Ce qui était sûr en revanche, c’est qu’il était de loin la plus vieille grenouille du commissariat, et certainement de l’Univers."

. Le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur de Merlicht.

. Le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs.

. Le lieutenant Dossantos, qui ne peut s’empêcher de réciter le code pénal.

 

 

L’auteur propose, à travers ces lignes, un voyage au cœur de la capitale. Mais en empruntant un chemin peu ordinaire.

On y découvre un autre Paris, bien loin des clichés traditionnels et des décors de carte postale. Nous entrons dans la Jungle : le domaine des SDF en plein cœur du Bois de Vincennes ; lieu de refuges pour des hommes et des femmes  qui se retrouvent totalement démunis et qui n’ont plus leur place dans la Société. Des hommes et des femmes qui ont le sentiment de ne plus avoir d’identité et qui utilisent des surnoms pour se rappeler qu’ils existent encore et qu’ils sont des individus à part entière. 

 

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Le style est plaisant et direct. Le sujet principal est bien abordé. L'auteur décrit parfaitement certaines scènes, sans pour autant tomber dans l'excès ; ce qui permet également au lecteur de prendre conscience d'une réalité affligeante, de réaliser que tout basculer du jour au lendemain et que la chute peut être très rapide et vertigineuse.

Quant à l'enquête, elle s'étoffera au fil des lignes et nous entraînera dans les catacombes pour s'achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale.

En conclusion, "L'heure des fous" est un premier roman réussi et original.  

 

 

Sélectionné pour le prix de Montigny les Cormeilles 

Editions Marabooks

380 pages

19,90 €

 

 

 

 

 

 

 

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