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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures.

22 May

"La maison des anges" Pascal Bruckner

Publié par Les Polars de Marine

C’est au cœur de la forêt Autrichienne qu’Antonin tombe en panne en pleine nuit. Agé de 20 ans à peine, il est hébergé pour la nuit par une femme pour le moins énigmatique dans une maison non moins inquiétante. Une vieille dame qui serait venir mourir à ses côtés. Réalité ? Cauchemar ? De cette nuit, Antonin n’en a jamais parlé à quiconque. Ne sachant lui-même s’il a confondu réalité ou fiction. En proie à ses doutes : cette maison existait-elle réellement ou tout ceci n’était-il que le fruit de son imagination ?  Un souvenir qui toutefois le hante régulièrement.

Dix années ont passé. Antonin est l’incarnation de la maniaquerie à l’état pur. Devenu courtier d’assurances à Paris, il ne peut s’empêcher de nettoyer, récurer, et éprouve une véritable obsession pour la propreté. Le jour où il manque une vente à cause de deux ivrognes, il rosse l’un d’eux à mort. Eprouvant une aversion particulière pour les clochards, il va tenter de se transformer en justicier.

Les pirates des bancs publics, les soulards du goulot le hérissaient, les ritournelles des mendigots lui écorchaient les oreilles. Quand l’un d’eux, à la sortie d’une boulangerie, lui tendait sa sébile sous le nez, il grinçait des dents, sifflait :
- Lève-toi et bosse !
C’était minable mais ça lui faisait du bien. A la question : « T’as pas un ou deux euros ? » il répondait :
- Si bien sûr, mais je les garde pour moi.

Page 87

Antonin menait deux vies désormais : il était courtier dans l’immobilier le jour, chasseur, pisteur le soir. Il se changeait, une fois rentré chez lui, et partait fureter dans Paris, en quête d’une improbable solution à son anxiété. Que voulait-il au juste ? il n’en savait rien sinon que ça ne pouvait plus durer !

Page 97

Afin de s’infiltrer dans ce monde, il va rejoindre une équipe humanitaire où il fera la rencontre d’Isolde Déodat de Hauteluce.

Cette héroïne de l’humanitaire parviendra-t-elle à le sauver de lui-même ? Ou bien Antonin s’enfoncera-t-il dans sa folie ?

 

« La maison des Anges » est un roman de société. L’auteur y dépeint un Paris marginal, celui des S.D.F. Antonin va partir en quête de ceux que l’on croise au détour d’une rue et dont on évite de croiser les regards, à qui l’on jette parfois une pièce mais tout en prenant bien garde de ne pas s’arrêter.

 

Dans ce roman très noir ne filtre aucun rai de lumière. Pascal Brukner force volontairement le trait sur les personnages et les caricature. Il rapproche deux mondes que tout oppose. Isolde n’était, de part ses origines, en aucun cas prédestinée à s’occuper de ces marginaux. Directrice d’une petite structure d’accueil : « La Maison des Anges », elle mène ces laissés pour compte d’une main de fer et tente de s’en occuper au mieux. Antonin, quant à lui, vivra une longue descente aux enfers. Ariel et Monika, personnages secondaires, sont eux aussi assez atypiques.

Ce récit plaira ou non mais, en aucun cas, ne pourra laisser indifférent, en renvoyant le lecteur à une réalité affligeante. Un ouvrage que je qualifierai « d’agitateur de conscience » dans une Société où la chute peut être très rapide et vertigineuse : la perte d’emploi, des repères familiaux qui volent en éclat, une dépression,… Autant d’éléments pouvant entraîner un rejet et une exclusion.

A titre d’information, ce sont 3,6 millions de personnes qui sont à ce jour privées de domicile ou vivent dans des situations très difficiles. Le nombre de sans-abri a augmenté de 50 % en 3 ans selon la Fondation Abbé-Pierre et ce sont 141.500 personnes qui se retrouvent en difficulté extrême en France dont 10.000 à Paris.

 

 

Pascal Bruckner est essayiste et romancier. Homme de lettres, il possède de multiples casquettes : enseignant dans des universités américaines depuis 1986, principalement à New York, maître de conférences à l’I.E.P. de Paris en qualité d’intervenant, chroniqueur au Nouvel Observateur et au Monde  et éditeur chez Grasset.

Un de ses romans : « Lunes de fiel » a été adapté en 1992 au cinéma par Roman Polanski, il signe en 2013 le « Manifeste des 343 salauds » et en 2014, publie « Un bon fils » chez Grasset où il relate l’extrême violence physique causée par son père sur sa mère et sur l’enfant qu’il était.

 

 

 

Grasset

315 pages

22 €

"La maison des anges" Pascal Bruckner"La maison des anges" Pascal Bruckner
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V
Waouh!!! Ça m'a l'air d'être un livre particulièrement dur, comme notre société. Apparemment, P Bruckner appuie là où ça fait mal... Encore un titre à noter pour une future lecture...
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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures.