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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures.

12 Jan

"Personne n'en saura rien" Sylvie Granotier

Publié par Les Polars de Marine

Eté 2005. Mélusine a 15 ans. Elle est jeune, jolie, et a tout l’avenir devant elle.

Elle disparait.

Elle ralentit pour négocier le virage, se hisse en danseuse au début de la ligne droite, et c’est alors qu’elle l’aperçoit. On dirait un gros bébé abandonné à la croisée des chemins. Il est assis par terre, les jambes repliées, la tête entre les bras. Ses chevilles gonflées sont aussi larges que ses mollets révélés par son pantacourt zébré violet. Il a réussi à dénicher un tee-shirt trop grand pour son buste colossal qui ondule comme une pyramide de pneumatiques. Il porte un bob trop petit sur le haut du crâne. Sa silhouette grotesque a quelque chose de comique qui le rend inoffensif. Un filet rouge coule de son genou. Il halète doucement comme un animal en souffrance. L’homme a eu un accident, il a l’air sonné. En dix petites minutes, elle peut donner l’alerte. Elle se doit d’intervenir.
Elle serre les freins, arrête son vélo, met pied à terre. Elle se sent très adulte.
- Ca va ? Vous êtes blessé ?
Un petit couinement lui répond et le gros homme enfonce sa tête encore plus profond derrière ses mains.
D’un coup de pied, elle dégage la béquille de son vélo, en assure la stabilité, la roue avant à l’oblique, et s’approche du blessé. Elle sature sa voix de gentillesse rassurante :
- Vous avez besoin d’aide ?
Nous sommes tous entourés d’un périmètre de sécurité ou de danger, c’est selon, dans lequel on ne pénètre que par intimité ou agressivité. En franchissant cette barrière invisible, Mélusine entend une alarme intérieure qui arrête net son mouvement. L’inconnu lève alors le visage. Ses yeux d’un gris délavé commencent par balayer les alentours avec une vivacité étonnante pour un accidenté, Mélusine amorce un repli vers son vélo. Une main lui broie la nuque, une autre se plaque sur sa bouche. Elle étouffe et plisse les paupières sur l’image de sa mère guettant son retour depuis le balcon du premier. Elle essaye de crier, rentre les épaules, quand l’inconnu aboie d’une voix sèche et autoritaire :
- Ta gueule !
Le corps frêle et gorgé de soleil de l’adolescente se raidit, glacé, quand il la presse contre lui, son bras droit en crochet contre la gorge délicate. C’est un colosse, c’est l’ogre des contes. Il la domine de toute sa taille, de toute sa chair flasque et épaisse. Il sent la sueur, l’excitation et la saleté, un mélange répugnant et toxique. Elle hoquette sur la bile qui attaque son palais mais l’emprise de l’homme est telle que ni liquide ni air ne passent plus. La peur lui neutralise les sens, lui contracte les muscles, en un instant, tout son corps est anesthésié. Les larmes lui montent aux yeux, la peau des ses joues tremble, son cœur hésite entre arrêt total et accélération.
L’homme chuchote dans son oreille :
- Si tu l’ouvres, je te massacre. Compris ?

Eté 2001 : Disparitions de Jeanne et d’Irène.

Trois jeunes filles dont le corps n’a jamais été retrouvé.

Sont-elles mortes ? Réapparaîtront-elles un jour ?

Que s’est-il passé pour ces trois jeunes filles ?

Et pourquoi ont-elles toutes les trois disparu en période estivale ?

 

C’est à travers le procès de Jean Chardin que toutes les réponses à ces questions seront apportées. Jean Chardin a été arrêté grâce au témoignage de Isabelle Delcourt, une de ses victimes. Une jeune fille qui, contre toute attente, a réussi à se libérer de son emprise.

 

Un récit entrecoupé de flash-back, un récit à tiroirs, ayant pour effet d’attiser la curiosité du lecteur.

Les deux protagonistes sont des personnages énigmatiques ; accusé et victime ne faisant parfois qu’un dans le mystère qui les unit, car l’on comprendra que l'un comme l'autre dissimulent une part de vérité.

Isabelle est une adolescente difficile, éprouvant des difficultés à se construire à travers les turpitudes de sa vie.

 Jean Chardin est un homme complexé par son physique : obèse et mal dans sa peau, et en proie à la peur permanente de « ne pas être à la hauteur », un homme à la recherche de son identité personnelle.

 

La 4 de couv annonce : « On retrouve dans ce suspense sombre et intense la virtuosité de l’auteur du Passé n’oublie jamais. Histoire d’une vengeance et d’une manipulation, Personne n’en saura rien explore avec une subtilité dérangeante les rapports de domination et de soumission ».

Je m’attendais donc à un suspense psychologique particulièrement dense et travaillé. Or, j’avoue avoir été très déçue car, à aucun moment, je n’ai relevé les rapports dérangeants entre l’accusé et la victime, si ce n’est que cette même victime inquiète Jean Chardin pour une raison qui ne sera dévoilée qu'à la fin du récit.

J’ai également été gênée dans ma lecture par le style haché de l’auteur ainsi que par la linéarité du récit. Aucun rebondissement, aucune surprise.

En conclusion, une lecture plutôt fade en ce qui me concerne.

 

Mais comme je le souligne souvent dans mes chroniques, mon avis n’étant qu’un parmi d’autres, je vous propose de lire les trois critiques suivantes de blogueurs qui ont apprécié ce roman :

 

"Personne n'en saura rien" Sylvie Granotier"Personne n'en saura rien" Sylvie Granotier
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C
Merci Marine, pour le lien.
Oui, je comprends ta perplexité, car l'auteure n'a pas strictement cherché "l'énigme", mais plutôt un rapport de force coupable-victime. Amitiés.
Répondre
M
Bonsoir Claude,
Tu as raison mais à vrai dire, même les rapports de force je ne les ai pas trouvés très convaincants...
Amitiés et au plaisir de te lire .

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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures.