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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures. Vous pouvez me suivre sur mon compte twitter ou sur mon compte gmail : Marine Reigner

11 Dec

"Le monde d'en bas" Alain Bron

Publié par Les Polars de Marine

- Minute, papillon ! répondit Berthier. Il faut savoir que deux Italiens anciens membres des Brigades Rouges sont morts dans le même quartier en moins de deux ans et je ne pense pas que l’air des jardins du Palais Royal y soit pour quelque chose. Le premier était un nommé Giulio Camilleri. Il est arrivé en France fin 1998 après dix-huit ans de prison en Italie. Il a été retrouvé aplati comme une crêpe sur le trottoir, rue des Petits Champs, après une chute de six étages.

Gianfranco Caselli est à la recherche de Ettore. Tous deux sont des anciens des Brigades Rouges. 

Trente-quatre ans. Il avait attendu trente-quatre ans pour revoir Ettore Busilli. Le revoir et le tuer.

Il voulait lui faire regretter la trahison et le mensonge. Mais c’est Gianfranco qui sera retrouvé mort. 

Très rapidement, les investigations vont mener le commissaire Berthier et son équipe sur les traces d’Ettore qui, pour passer inaperçu, n’aura d’autre choix que celui de s’isoler afin de ne pas apparaître au grand jour. C’est ainsi qu’il maintient sa condition de fugitif souterrain et ne remonte « à la surface » qu'en cas d'extrême nécessité.

Dès lors, s'engagera une traque dans les bas fonds de la capitale dans « Le monde d’en bas ». 

L’endroit plutôt sec laissait supposer qu’aucun égout ne s’y déversait. Il continua jusqu’au bout et tomba sur un nouvel obstacle. Il y donna des coups de piolets, créa une brèche et introduisit sa lampe. Un vide de la profondeur d’un bras le séparait d’un second mur, rond cette fois et construit en briques. Il agrandit l’ouverture, rampa de l’autre côté et éclaira les lieux. Une petite voûte se distinguait parfaitement à mi-hauteur dans la courbe. Il s’approcha et examina l’intérieur. La paroi suintait d’humidité. Il prit une pierre et la lâcha à bout de bras. Un plouf se fit entendre une fraction de seconde plus tard. Un puits ! Un puits très ancien à l’angle de la rue des Petits Champs et de la rue de Vivienne. Ettore s’engagea dans l’ouverture et repéra une échelle en fer rouillé qui longeait la paroi. Il serra la dragonne de sa lampe autour du poignet et agrippa un barreau puis un deuxième. Son pied ripa. Il se rattrapa de justesse. Tout en haut une plaque de bois obstruait la margelle qui devait se situer dans une cave à l’intérieur de la maison. Il en savait asse. Personne n’avait ouvert ce passage avant lui. Personne. Il rebroussa chemin, à la fois heureux et tremblant devant sa découverte.

"Le monde d'en bas" Alain Bron
"Le monde d'en bas" Alain Bron
"Le monde d'en bas" Alain Bron
"Le monde d'en bas" Alain Bron
"Le monde d'en bas" Alain Bron
"Le monde d'en bas" Alain Bron
"Le monde d'en bas" Alain Bron

C’est sur cette opposition permanente que l’auteur construira son récit. Opposition entre le monde « d’en bas » et celui « d’en haut », celui de l’obscurité et des ténèbres et celui de la lumière. L’invisible et le visible.  Deux mondes que tout oppose et pourtant si proches.

Et c’est un autre Paris que le lecteur découvrira. Le Paris de l’ombre. Celui des oubliés, des laissés pour compte, des démunis, de ceux qui n’ont plus rien et qui essaient de survivre. Des hommes et des femmes, rencontrés par le biais d’un bien surprenant personnage. Celui qui occultera, le temps d'un récit, le Paris lumière. 

 

C'est par le biais de descriptions très précises et la mise en scène de personnages typés et charismatiques, que Alain Bron prend le temps de raconter, de mettre en scène.

La voix d’Ettore à travers sa biographie occupe une place prépondérante. 

Une vie qu’il veut retranscrire en cherchant à se faire publier. Philippe Berthier et Octavia, son assistante mais aussi son amie - tous deux éditeurs - feront partie intégrante du récit et tiendront un rôle bien particulier. Ce récit est donc double : celui d'une traque mais aussi l'histoire d'une vie. 

 

On appréciera les mots de l’éditeur en 4 de couv reflétant parfaitement l’esprit de ce roman : "Essais, romans, polars, nouvelles, Alain Bron se moque du cloisonnement littéraire pour le plus grand plaisir des lecteurs. Ses ouvrages sont souvent sélectionnés ou primés pour leur finesse d’observation, leur humour décalé et leur scénario inattendu. Dans ses romans, jamais il ne juge. Les personnages mauvais ne sont pas si mauvais, et les bons ne le sont pas tout à fait. Et au moment le plus noir, le plus dramatique, se glisse un geste tendre, un trait d’esprit ou une espérance qui vient rappeler que l’humanité, si elle est loin d’être parfaite, mérite toute notre attention".

Alors, certes, Alain Bron ne juge pas, mais il met toutefois en lumière quelques vérités tant dans le monde éditorial que sur l’espèce humaine en général, les comportements, les réactions ou les a priori.

« Le monde d’en bas » est un roman bien difficile à classifier. A mi chemin entre le roman noir et le roman policier, on y appréciera la qualité de l’écriture ainsi que la fluidité du récit. Quant à la chute finale, elle est assez surprenante et originale mais j’ai toutefois regretté un peu le manque de suspens. Un sentiment atténué par l’humour dont fait preuve l’auteur et qui parsème ces pages.

 

 

Editions  In Octavo

327 pages – Broché  

20 €

 

"Le monde d'en bas" Alain Bron
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