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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures. Vous pouvez me suivre sur mon compte twitter ou sur mon compte gmail : Marine Reigner

17 May

"Tout n'est pas perdu" Wendy Walker

Publié par Les Polars de Marine

Fairview – petite ville du Connecticut. La fête bat son plein au lycée. Une fête qui vire très rapidement au cauchemar pour Jenny qui, suite à une dispute avec son petit ami, s’enfuit dans les bois et se fait violer. Un viol si brutal et bestial qu’elle devra se faire opérer.

 

Douleur sourde d’un père en apprenant le drame :

 

Le docteur Baird se rappellerait le son qu’avait laissé échapper Tom Kramer. Ce n’était ni un mot, ni un gémissement, ni un halètement, mais une chose qu’il n’avait jamais entendue jusqu’alors. On aurait dit la mort, comme si une partie de Tom Kramer avait été assassinée. Ses genoux se sont dérobés, et il a tendu les mains vers Baird, qui lui a saisi les bras et l’a empêché de tomber.

Un père tout en sentiments :

La rage envers l’agresseur viendrait, mais pas tout de suite. Plus que tout, ce que Tom voyait, ressentait et entendait à cet instant, c’était son échec à protéger sa fille. Son désespoir ne peut pas être mesuré ni correctement décrit. Il s’est lui-même mis à pleurer comme un enfant, avec l’infirmière à ses côtés, et sa fille pâle et inerte sur le lit.

Une réaction en opposition totale avec celle de la mère : Charlotte, qui affiche une froideur et un détachement très surprenants de prime abord et parvient à rester digne dans la douleur. Une attitude qui s’expliquera par la suite ; certains secrets inavoués pouvant expliquer certains comportements.

Mais quand il leur sera par la suite proposé d’administrer un traitement à leur fille, c’est d’un commun accord qu’ils devront prendre cette décision.

Une décision bien difficile et un cruel dilemme. Tous les parents ne pourront en effet s’empêcher de penser à ce qu’ils auraient fait dans cette situation. Quel était le  bon choix ? 

Toujours est il que Tom y est, dans un premier temps opposé car il sait que, dès lors, il n’y aura plus de chances de retrouver le violeur, tous les souvenirs de sa fille ayant été effacés. Mais qui accepte pour Jenny qui, quant à elle, pourra, selon les dires des médecins, de nouveau mener une vie « quasi normale ». 

Enfin, bref… le traitement. Donc, ils ont expliqué le processus. Les médicaments qui seraient administrés. Ils ont dit que ça la plongerait dans une sorte de coma pendant environ une journée et que, avec un peu de chance, ça pourrait bloquer son souvenir du viol. Au minimum, ils en étaient certains, ça réduirait son trouble de stress post-traumatique. Ils affirmaient que le TSPT pouvait être handicapant et nécessiter des années de thérapie. Le docteur Baird a demandé si nous voulions parler avec un psychiatre pour mieux comprendre le traitement et ce à quoi la vie de Jenny pourrait ressembler si elle ne le recevait pas . Il a affirmé que chaque minute qui passait en réduisait l’efficacité.

Toujours est-il que Jenny était censée aller mieux.

Mais …

Mais un trauma ne peut être guéri avec une pilule. Jenny n’avait aucun souvenir de son viol, mais la terreur continuait de vivre dans son corps. Le souvenir physique, cette réaction émotionnelle qui était désormais programmée en elle, n’avait rien à quoi se rattacher – aucune série de faits pour le replacer dans un contexte. Et donc il errait librement en elle. La seule chose tangible qui restait du viol était la cicatrice de l’incision.
Il est facile de dire qu’elle aurait dû chercher de l’aide. Mais c’et une adolescente. Et pour son cerveau adolescent, huit mois, c’était « trop ».
Alors elle est allée dans sa salle de bains, a ouvert le tiroir sous le lavabo. Elle en a sorti un rasoir jetable rose. Grâce aux ustensiles de son kit de manucure, elle l’a ouvert pour en ôter les lames. Elle les a posées au bord du lavabo, puis a regagné son lit, sur lequel elle s’est assise. Et elle a attendu.

Alan Forrester, psychiatre, va alors tout mettre en œuvre lors des visites de sa jeune patiente pour savoir ce qui s’est passé cette nuit là et faire en sorte de lui rendre ses souvenirs.

Peut-être que c’était cruel de vouloir ça pour Jenny Kramer. Peut-être que j’ai été cruel de m’entêter dans cette voie. Cela a eu, comme vous le verrez, des conséquences inattendues. Mais l’injustice de la situation, la colère que j’éprouvais et la capacité à comprendre sa souffrance, tout cela m’a poussé à me lancer dans une quête acharnée. Et ce, dans l’unique but de rendre à Jenny son plus horrible cauchemar.

Effectivement, les conséquences de cet acharnement auront des effets assez inattendus. C’est alors que le lecteur pourra mesurer toute la dimension des mécanismes de la manipulation psychologique. Car Alan Forrester ne suivra pas que le cas de Jenny mais traitera également ses parents ainsi que d'autres patients dont le destin se mêlera plus ou moins directement à celui de cette famille. Les coffres à secrets s’ouvriront et, simultanément, le travail de reconstitution de la mémoire sera de taille. Une première analyse qui pourrait laisser à penser que l’étude approfondie des personnages et l’accent étant porté sur la psychologie, le tout pourrait être ennuyeux. Mais non. Loin s’en faut. Car au-delà de ce travail de reconstitution et d’étude, il y a une enquête. Et là réside l’originalité de ce récit car ce n’est pas la police – qui ne dispose d’aucun indice - qui tient la première place mais bel et bien le psychiatre qui, dans sa quête de la vérité, tiendra un rôle prépondérant et se verra, bien malgré lui, directement impliqué dans cette affaire.

Allan Forrester entrera dans l’esprit de ses patients et retranscrira leurs émotions. Le choix du personnage omniscient et de la narration à la première personne permettra au lecteur de faire corps avec les protagonistes  et de fusionner avec leurs sentiments les plus intimes. 

"Tout n'est pas perdu" Wendy Walker
"Tout n'est pas perdu" Wendy Walker
"Tout n'est pas perdu" Wendy Walker
"Tout n'est pas perdu" Wendy Walker
"Tout n'est pas perdu" Wendy Walker
"Tout n'est pas perdu" Wendy Walker
"Tout n'est pas perdu" Wendy Walker

Rendre, prendre, partager, vie, mort, mensonges, trahisons, secrets, fautes, obsession. Vous comprendrez le sens de ces mots et l'ordre dans lequel vous pourrez les ajuster une fois seulement les dernières pages tournées.

Le choix du titre, quant à lui, ne prendra tout son sens que dans la dernière page et un effet de surprise de taille aura pour effet d’en mesurer les conséquences et de vous rendre compte que, vous aussi, vous aurez remarquablement été manipulés…

En conclusion, même si ce roman est un huis clos, il est à classer dans la catégorie des bons thrillers psychologiques où l’auteure sait aussi se livrer à un « jeu » de miroir en parsemant son récit de certaines phrases ayant parfois pour effet d'inciter le lecteur à une réflexion sur lui-même et où chacun sera libre de se retrouver, le cas échéant.

« Nous aimons les gens pour ce qu’ils sont et ce qu’ils nous font ressentir ».

« Notre destin est de reproduire notre enfance dans notre vie d’adulte ».

 

 

A savoir : « Avant même sa parution, Tout n’est pas perdu a enflammé le monde du cinéma et le film est en cours d’adaptation par la Warner Bros, et l’équipe de production de Gone Girl, de David Fincher ».

Reste à savoir qui sont les acteurs qui tiendront les rôles …

 

 

Editions Sonatine  

Traduit de l’américain par Fabrice Pointeau

346 pages   

21 €

"Tout n'est pas perdu" Wendy Walker
"Tout n'est pas perdu" Wendy Walker
Commenter cet article

lewerentz 17/05/2016 20:48

Tentant mais pas pour tout de suite.

Les Polars de Marine 17/05/2016 20:58

Il est sorti depuis peu. Vous avez donc le temps de le lire...

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