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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures. Vous pouvez me suivre sur mon compte twitter ou sur mon compte gmail : Marine Reigner

17 Jun

"Le temps est assassin" Michel Bussi

Publié par Les Polars de Marine

1989.

Clotilde est en vacances avec ses parents et son frère Nicolas en Corse. Elle a 15 ans. La famille se rend à un concert. Au volant, le père. Il roule vite. Beaucoup trop vite. Les routes corses sont dangereuses. En lacets, abruptes, c’est le drame. 

C’était un virage serré au bout d’une longue ligne droite, après la presqu’île de la Revellata ; un virage surplombant un ravin de vingt mètres. Un éboulis appelé Petra Coda.
De jour, le point de vue était vertigineux.
La Fuego heurta la rambarde de plein fouet.
Les trois planches séparant la route du précipice firent ce qu’elles purent. Elles se tordirent sous l’impact du choc ; explosèrent les deux phares de la Fuego ; griffèrent le pare-chocs.
Avant de céder.
Ce fut à peine si elles ralentirent la vitesse de la voiture. Elle continua, tout droit, exactement comme dans ces dessins animés où le héros court dans le vide, s’arrête enfin, regarde ses pieds, étonné, panique soudain et tombe comme une pierre.
Clotilde ressentit cela. Que la Fuego ne touchait plus terre. Que le monde réel était en train de disparaître. Comme une faille dans la raison, quelque chose qui ne peut pas arriver, pas en vrai, pas à eux, pas à elle.
Elle pensa cela une fraction de seconde, juste avant que la réalité explose. Quel la Fuego se fracasse contre les rochers d’abord, rebondisse deux fois ensuite.
Ma cage thoracique et la tête de papa explosèrent contre le volant quand la voiture percuta à la verticale les blocs de pierre. Celle de maman fut écrasée lors du second tonneau contre le rocher qui travers a la portière. Au troisième ; le toit s’ouvrit sur eux come une mâchoire d’acier..
Le dernier choc.
La Fuego s’arrêta là, dans un équilibre instable, dix mètres au dessus de la mer calme.
Puis le silence.
Nicolas se tenait à ses côtés. Droit. Sanglé.
Il ne serait jamais président, même pas délégué du personnel dans une boîte de merde. Tué dans l’œuf. Une enclume, qu’il disait. Tu parles. Une coquille de poussin, un cartilage de moineau dans la gueule d’un monstre. Sons corps de pantin ratatiné par un toit éclaté en étoile.
Paupières fermées. Ailleurs pour l’éternité.
Un, deux, trois. Rideau !

Clotilde est miraculée.

Ils étaient quatre.

La voiture a fait trois tonneaux et trois morts.

Elle est la seule survivante.

 

27 ans plus tard.

Clotilde revient en vacances avec son mari Franck et leur fille Valentine, âgée de 15 ans tout comme elle l’année où elle a perdu ceux qui lui étaient le plus cher, cette terrible année où elle a vu son équilibre familial basculer en l’espace de quelques secondes et où elle s’est retrouvée seule. Elle veut en profiter pour se recueillir sur les lieux du drame.

 

Quand elle reçoit une lettre signée de la main de sa mère, c’est la consternation. Sa mère … Comment est-ce possible ? Elle qui était dans la voiture le soir du drame. Elle qui est morte lors de ce terrible accident. Serait-elle vivante ?...

"Le temps est assassin" Michel Bussi
"Le temps est assassin" Michel Bussi
"Le temps est assassin" Michel Bussi
"Le temps est assassin" Michel Bussi
"Le temps est assassin" Michel Bussi
"Le temps est assassin" Michel Bussi
"Le temps est assassin" Michel Bussi
"Le temps est assassin" Michel Bussi

Petit à petit, d’étranges phénomènes se produiront et la tension s’installera et ce, crescendo.

Dans sa quête de la vérité, Clotilde fera ressurgir les fantômes du passé. Elle avancera à tâtons. Elle cheminera. Doucement. Prudemment. A pas feutrés. Et ce bien involontairement d’ailleurs, car s’il ne tenait qu’à elle qui attend depuis toujours des réponses, elle voudrait que tout éclate au grand jour d’un coup sec et bref. Car ce n’est qu’à travers cette vérité qu’elle pourra se reconstruire.

Mais les personnes qu’elle croisera ne l’entendent pas de cette manière. Soit elles se taisent et respectent la loi de l’omerta, soit elles distillent les informations avec parcimonie. Elle devra également démêler le vrai du faux, entendant parfois des versions assez différentes.

Le lecteur est ainsi dans le même état d’esprit que l’héroïne et aussi impatient qu’elle. Il veut savoir. Vite. Très vite. Ce qui a pour effet, bien sûr, de rendre le roman très addictif.

 

« Le temps est assassin » est un roman où l’on retrouve les odeurs et la fraîcheur de l’île de beauté. Où l’on se perd dans l’atmosphère si particulière des souvenirs à travers le récit d’une jeune fille qui quitte son enveloppe d’adolescente et s’apprête à endosser son costume d’adulte. Une adolescente dont on partage les souvenirs et que l’on suit à travers le récit de son journal intime.

Un récit lu par un inconnu dont, bien sûr, l’identité ne sera dévoilée que dans les toutes dernières pages. 

Il ferma doucement le journal.
Perplexe.
Cela faisait des années qu’il ne l’avait pas ouvert.
Inquiet.
Ainsi, elle était revenue…
Vingt-sept ans plus tard.
Pourquoi ?
C’était d’une telle évidence.
Elle était revenue remuer le passé. Gratter. Creuser. Chercher ce qu’elle avait laissé ici. Dans une autre vie.
Il s’y était préparé. Depuis des années.
Sans jamais parvenir à répondre à cette question.
Jusqu’où voudrait-elle descendre ? Jusqu’à quel niveau voudrait-elle vider les égouts ? Jusqu’à quelle profondeur voudrait-elle s’engager dans les galeries pourries des secrets de la famille Idrissi ?

[…]

Il referma le cahier.
Oui, incontestablement, Palma était une belle femme. Une très belle femme.
Elle ne méritait pas de mourir. Certainement pas.
Mais puisque le pire avait été commis, puisqu’elle ne pouvait pas ressusciter, il restait juste à faire en sorte que nul n’apprenne jamais la vérité.

Premières amours, premières illusions, désillusions, le tout bercé par les airs d’une époque : la fin des eighties et qui ne sera pas sans rappeler quelques souvenirs à certains lecteurs.

 

Une fois de plus, Michel Bussi ne déroge pas à la règle et démontre l’étendue de son talent.

A travers ces allers retours passé-présent, il saura opposer la légèreté et l’insouciance des années adolescence de son héroïne à la dure réalité du temps présent. Il sait parfaitement décortiquer ses personnages.

Mais surtout et par-dessus tout, il aime jouer. Partant d’une histoire simple où vous aurez rapidement l’impression d’avoir compris, c’est au détour d’une page qu’il vous attendra, qu’il vous surprendra, qu’il vous étonnera et vous ravira.

Et comme pour la plupart de ses romans, l’on pourra se dire : « Bravo l’artiste » ! et surtout, surtout : « N’arrêtez jamais d’écrire » !

 

 

Editions Presses de la Cité 

532 pages 

21,50 euros 

 

"Le temps est assassin" Michel Bussi
"Le temps est assassin" Michel Bussi
Commenter cet article

Philippe D 19/11/2016 21:36

Un roman qui ne me restera pas longtemps en mémoire. J'avais déjà oublié que je l'avais lu !
Pas le meilleur de Bussi selon moi !

Les Polars de Marine 23/11/2016 18:27

Non effectivement. Bien loin d'être le meilleur. Son chef d'oeuvre restera incontestablement "nymphéas noirs".

Lewerentz 18/06/2016 07:38

Pourquoi pas? Il est bien cet auteur? J'avais dans l'idée que c'est de la littérature assez "légère".

Les Polars de Marine 19/06/2016 17:36

Michel Bussi est un de mes auteurs préférés. Non pour la qualité de son écriture qui n'est, il est vrai, pas très littéraire mais pour la qualité de ses intrigues et de sa faculté de "jouer" avec son lecteur. Il est imprévisible pour le plus grand bonheur des amateurs de suspens. Son "Nymphéas Noirs" restera pour moi LE meilleur roman policier que j'ai lu jusqu'à présent.

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