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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures. Vous pouvez me suivre sur mon compte twitter ou sur mon compte gmail : Marine Reigner

11 Jul

"Le silence des loups" Eric Robinne + Discussion avec l'auteur

Publié par Les Polars de Marine

Tout commence par une scène d’horreur par une nuit de violent orage à Modane dans une ferme où le lieutenant Mathieu Guillaume, en vacances près de Chamonix, découvre trois corps atrocement mutilés.

Simultanément, Daniel Dergemont apprend par un notaire qu’il a une famille alors qu’il s’était toujours cru orphelin. S’ensuivra un courrier assez mystérieux de son frère jumeau dont il ignorait jusqu’à présent l’existence.

Pendant ce temps, à Modane, les événements et les découvertes vont très vite s’enchaîner et ce sont dans des circonstances assez particulières que les routes du lieutenant de police et de Daniel vont se croiser.

Ils seront alors tentés de résoudre une énigme dont les solutions sont probablement liées à la seconde guerre mondiale.

 

Assis dans son fauteuil en cuir, il relisait pour la troisième fois le rapport que Friedrich lui avait remis. Enfin, ils touchaient au but. Le plus dur avait été réalisé et désormais plus rien ne devrait empêcher la mise en œuvre de l’objectif de sa vie. Il tira nerveusement sur sa pipe en laissant échapper une série de volutes régulières qui montaient à la verticale. Il se leva et se dirgea vers l’un des rayonnages de la bibliothèque qu’il avait fait installer sous son laboratoire. Il aimait cet espace qu’il considérait comme étant une partie de lui-même. Il y avait rassemblé toute la mémoire de ses travaux depuis plus de vingt ans. Maintenant, la page de toute cette période devrait être tournée le plus vite possible. Malgré son âge avancé, il n’avait jamais baissé les bras, mais le temps était compté.
Il s’approcha de l’une des étagères et balaya rapidement du doigt la série d’ouvrages qui se présentait à lui. Ses yeux suivirent son index presque machinalement, puis s’arrêtèrent sur un dossier plus gris que les autres, surtout au niveau de la reliure, tant il avait été compulsé. Il le prit et l’ouvrit en soupirant puis le referma. Il ne réussit pas à retenir une larme qui glissa le long de sa joue légèrement ridée avant de se perdre dans sa barbe grise finement taillée.
Il retourna vers son fauteuil, attrapa le combiné du téléphone posé sur la table, et appuya sur une touche. Quelques instants plus tard, une voix à l’accent germanique lui parla :
- Friedrich ! Tu veux quelque chose ?
- Non, je ne veux surtout pas être dérangé.
- Comme tu voudras.
Il raccrocha.
Il appuya sur une télécommande et la lumière de la salle s’estompa légèrement pour devenir tamisée. Il se rassit en se calant bien, reprit sa pipe qui s’était éteinte, la cura lentement pendant qu’il réfléchissait, puis la bourra et la ralluma en jetant la tête en arrière pour mieux relâcher la fumée épaisse des premières bouffées. Il n’avalait jamais la fumée, c’était un principe. Une fois prêt, il prit le dossier posé sur ses genoux anguleux, alluma le lampadaire placé à côté de son fauteuil et il lut alors distinctement derrière ses lunettes rondes :
« Auschwitz – 1944 ».

"Le silence des loups" Eric Robinne + Discussion avec l'auteur
"Le silence des loups" Eric Robinne + Discussion avec l'auteur
"Le silence des loups" Eric Robinne + Discussion avec l'auteur
"Le silence des loups" Eric Robinne + Discussion avec l'auteur

Desservi par une écriture très linéaire et fluide où l’auteur s’attache à ne pas chercher à « noyer son lecteur », ce roman prend toute sa dimension après un démarrage un peu lent. Mais dès lors et une fois l’action lancée, plus rien n’arrêtera le lieutenant de police qui déploiera toute son énergie pour tenter de résoudre une enquête où sa vie sera menacée à plusieurs reprises.

Le lecteur sera alors emporté dans un jeu de pistes et assistera à un véritable tourbillon d’enchaînements.   

Vous l’aurez compris : « Le silence des loups » est un thriller mené tambour battant sans aucun temps mort et le but recherché est en cela atteint : un roman qui ravira les amateurs de rebondissements et sensations fortes.

Personnellement, j’ai toutefois juste regretté le relâchement de la qualité du style et des dialogues qui, en ayant été plus travaillés, auraient donné plus de corps au récit.

 

Ce roman s’est vu décerné le Prix des lecteurs France Loisirs 2013.

 

 

Pocket Editions 

502 pages 

Eric Robinne, qui êtes-vous ?

Je suis un lecteur et écrivain sur le tard.

C’est mon épouse qui m’a fait découvrir dans le domaine de la littérature policière, entre autres, Henning Mankell et m’a ainsi donné goût aux polars.

 

Qu’est-ce qui vous plait dans l’écriture ?

L’action.

 

Comment trouvez-vous votre inspiration ?

Dans mon quotidien et l’actualité.

 

Comment écrivez-vous ? Avez-vous un plan ou écrivez-vous au gré de l’inspiration ?

J’écris principalement le soir. Je construis un « mini plan » : un début, une fin et quelques passages obligés. Ensuite, je laisse aller mon imagination et j’écris au gré de l’inspiration.

 

Prévoyez-vous de participer à des salons littéraires ? Si oui, lesquels ?

Oui, c’est prévu. Belfort en novembre et sinon j’essaye de satisfaire à quelques demandes de dédicaces.

 

Pourquoi avoir choisi d’écrire du polar ?

Je ne me sens pas capable d’écrire ni du sentimental, ni du contemporain. Je me suis donc tourné vers le roman policier de façon naturelle lorsque mon fils m’a lancé le défi de lui écrire un scénario. Mais ce n’était pas un scénario.

 

Quels sont vos auteurs préférés ?

Je n’ai pas particulièrement d’auteurs préférés mais plutôt des ouvrages.

Mes préférés sont : « Le retour du professeur de danse » d’Henning Mankell,

« Mourir sur Seine » de Michel Bussi, « La chambre des morts » de Franck Thilliez, « Le vol des cigognes »,  « Miserere », « La ligne noire » et « Les rivières pourpres » de Jean-Christophe Grangé.

 

 

La vente de manuscrits papier enregistre une baisse au profit du numérique. Encore non significative mais en progression. Il est vrai qu’un roman broché coûte maintenant souvent plus de 20 € alors qu’un ouvrage en numérique est moins onéreux. Qui plus est, cette méthode de lecture semble plus aisée et plus pratique à l’heure du développement des tablettes. Que pensez-vous de la lecture numérique ?

Sur le principe, je ne suis pas contre à condition de la mise en place d’outils anti-piratage.

 

L’engouement pour le roman policier est très important. Le nombre d’ouvrages vendus chaque année ainsi que le succès pour les salons en sont la preuve manifeste. La catégorie polars est ainsi à la seconde place des romans les plus vendus après les contemporains. Que pensez-vous de ce « phénomène » ?  

La Société dans laquelle nous vivons étant particulièrement difficile, la lecture permet de s’évader et dans le polar, d’expurger la violence contenue en chacun d’entre nous.

 

Qu’est-ce qui, selon vous, contribue à la réussite d’un bon roman policier ?

L’action. Je trouve que le côté « gore » et détaillé de l’horreur n’apporte rien.

 

Avez-vous un manuscrit en écriture ?

Oui. Le thème sera une magouille immobilière au moment des attentats de 2015.

 

Beaucoup s’adonnent à l’exercice d’écriture mais il y a peu d’élus face à la profusion d’ouvrages qui se retrouvent sur les bureaux des éditeurs. L’édition a-t-elle été pour vous un parcours du combattant ou cela a-t-il été facile de trouver un éditeur ?

J’ai commencé à faire lire mes ouvrages à des proches dans un premier temps.

J’ai ensuite demandé à un professionnel qui m’a conforté dans la possibilité d’être publié. Mais après sept refus de maisons d’éditions, j’ai choisi l’autoédition sur les conseils de ce spécialiste. Sur les conseils de mon épouse, j’ai ensuite envoyé mon manuscrit « Le silence des loups » au concours des lecteurs de France Loisirs en 2013 et il a remporté le prix.

 

Quel est votre ressenti face aux critiques ?

La première critique négative est assez difficile à accepter. Mais on finit par s’habituer. Tant qu’elle est construite et « intelligente », elle peut aussi faire avancer l’écrivain.

 

Quel conseil donneriez-vous à un jeune écrivain ?

Insister. Insister. Insister…

 

Avez-vous un livre de chevet ? Si oui, lequel ?

Oui, « Le dictionnaire égoïste de la littérature française » de Charles Dantzig.

 

Vous travaillez, vous écrivez, vous avez une vie de famille. Avez-vous le temps d’avoir des loisirs ? Si oui, lesquels ?

Oui, je fais des semi marathons et de la course à pied de façon générale.

 

Quel est votre plus beau souvenir ?

Ma rencontre avec mon épouse.

 

Quelle est votre plus grande peur ?

Que mes enfants ne parviennent pas à trouver un travail qui leur convienne.

 

Si la vie vous offrait la possibilité de tout recommencer, feriez-vous le même parcours ou votre choix serait-il différent ?

Non. Je ne changerai rien.

 

Si vous n’aviez qu’un seul mot pour vous définir, quel serait-il ?

J’en aurais deux : obstiné et ambitieux. Je n’aime pas la médiocrité.

 

Quel est votre rêve le plus cher ?

Pouvoir conserver une vie de famille aussi épanouie et équilibrée que celle que j’ai la chance d’avoir aujourd’hui.

 

Si vous aviez la possibilité de faire un vœu, quel serait-il ?

Etre invité à la Grande Librairie… Mais ça ne reste qu’un vœu.

 

Le mot de la fin ?

Pouvoir continuer à écrire encore longtemps et à passionner des lecteurs.

 

"Le silence des loups" Eric Robinne + Discussion avec l'auteur
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