Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures. Vous pouvez me suivre sur mon compte twitter ou sur mon compte gmail : Marine Reigner

04 Oct

'Porteur de valises' Pierre Delobel

Publié par lespolarsdemarine  - Catégories :  #Critiques

PORTEUR DE VALISES uneCe roman n'est pas un roman policier. Et pourtant, j'ai accepté de le chroniquer à la demande d'une amie qui est tombée sous le charme de cette écriture et qui souhaitait savoir ce que j'en pensais. Une fois n'est donc pas coutume, c'est un roman de littérature blanche que je vous présente.

"Porteur de valises" est l’histoire d’un homme. A 83 ans, il se raconte. Il a exercé le métier de porteur de valises pendant cinquante années.

Elevé par sa tante dans le Nord de la France, c’est en tant que passeur, dans un premier temps, qu’il fait ses débuts pendant la guerre. Il n’était alors âgé que de 14 ans. Souvenirs de la résistance, de cette femme : Tantine qui était dotée d’une force et d’un courage exemplaires.

…« Faut porter avec les jambes, me disait-elle. Verrouille le dos, bien droit. Plie les jambes. Faut te détendre le cou aussi, d’abord c’est pas élégant et comment que tu peux tourner la tête pour surveiller si t’es tout pris des épaules ? Et puis tu la fermes. J’ai fini par oublier la douleur. Voilà mes débuts de porteur. Dans l’ombre. A l’époque, je ne savais même pas si je travaillais pour la résistance ou les collabos »…

 

Quelques années plus tard, hotelvandercruyssenous le retrouvons à Lille. Porteur dans un hôtel.

 

 

…« Parfait, tu es parfait pour le poste. Un peu jeune. Le visage impassible, même dans la douleur, c’est parfait. Tu commences demain, je te mets dans l’équipe de Robert. Un brave type, tu verras. Il va t’apprendre le métier comme personne en ville »…

 

Sa rencontre avec la mère de ses enfants est particulièrement émouvante. Ce petit bout de femme qui exerçait un métier bien particulier et qu'il a rencontré dans des circonstances non moins particulières. 

 

Ce roman est celui des souvenirs, des jours heureux et malheureux. Ce roman est celui de la transmission de la mémoire. La mémoire de nos aînés qui s’en va quand ils nous quittent. Certains ont eu la chance de se la voir transmise mais quoi qu’il en soit, ils n’en seront jamais les détenteurs. Et ce, même si ces souvenirs ont été couchés sur le papier, la mémoire étant propre à chaque individu.

Il y a quatre règles que vous ne serez pas près d'oublier après la lecture de ce roman : ne pas être curieux, ne jamais grimacer, ne jamais lâcher et surtout, transmettre.

Ce roman est celui d'un homme qui ressent, à l'hiver de sa vie, le besoin d'exprimer ses émotions. Pour ses enfants, pour sa femme. Avant qu'il ne soit trop tard.

"...Vieillir, ce n'est pas sentir ses articulations faiblir, ce n'est pas avoir peur de la jeunesse, ni perdre la mémoire ni voir sa peau se plisser. Vieillir commence le jour où l'on ne s'intéresse plus au mouvement du monde, où l'on préfère camper sur ses acquis, camper sur place..."

 

L'auteur nous emmène pour un très beau voyage de la frontière Belge à la Côte d'Opale. 


 lille      autres-mers-et-plages-boulogne-sur-mer-france-1061-copie-1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                             

 

 

Une écriture à la fois drôle et émouvante. 

Il y a fort à parier que vous ne pourrez rester insensible à la lecture de telles lignes. Un roman à découvrir. Sans nul doute. Un roman constellé d'une kyrielle de phrases touchantes et poignantes. Une lecture bouleversante. Un seul regret, d'ordre esthétique : celui d’une couverture bien trop austère à mon goût.

 

Un mot, un seul me vient à l'esprit après avoir tourné la dernière page de ce roman : "merci" !

 

Le Porteur pose ses valises

 

 

Qui êtes-vous ?

Pierre DELOBEL.

Quel est votre trait principal de caractère ?

On dit de moi que je ne m’arrête jamais. Moi je dirais que le trait principal de mon caractère a tendance à changer en fonction de la situation.

Qu’est ce qui vous plait dans l’écriture ?

Raconter des histoires.

Qu’est ce qui vous a donné l’envie d’écrire ?

Je n’ai pas le choix. J’ai une idée en tête et si je ne l’écris pas, elle devient obsessionnelle. J’accouche donc, je donne vie à cette idée, elle va vivre une existence autonome de la mienne et une autre idée se présentera à mon esprit, pour grandir et prendre toute la place.

Comment écrivez-vous ? Avez-vous des moments privilégiés dans la journée ?

J’écris à tout moment, sur tout support, dès que possible.

 Pouvez-vous me citer 3 qualités et défauts ?

(Des qualités et défauts de moi, je suppose. Parce que la réponse à cette question serait : « Oui, je peux »)

Qualités

La capacité à douter de tout (enfin je pense que je doute mais je ne suis par sûr), l’envie d’être « juste quelqu’un de bien » (très belle chanson vous vous souvenez ?), l’énergie

Défauts

Je fais des fautes d’orthographe (c’est un défaut technique mais très fatiguant), la passion (Ah, bien sûr cela peut être beau, mais c’est parfois fatiguant), il paraît que je ne m’arrête jamais (là, c’est fatiguant pour les autres). Bref, je dois être sensible à la fatigue.  

Quel est votre loisir principal ?

Ecrire (Tiens, quelle surprise !)

Ce que vous détestez par-dessus tout chez un homme ? Et chez une femme ?

Chez les hommes comme chez les femmes, pas de différence : l’injustice.

La même question mais avec ‘ce que vous préférez’ 

L’honnêteté. C’est la plus belle qualité du monde. Elle engendre confiance, fidélité et le monde merveilleux des Bisounours.

Quelle est votre devise ?

L’euro et vous ? En fait, je n’ai pas de devise… où alors ce serait un truc du genre « Méfiez-vous des réponses faciles. »

Avez-vous un livre en écriture ?

Deux, en fait.

Le premier parle du doute et s’appelle pour l’instant « 3 périodes »

Le second raconte l’histoire d’une rue et s’appelle pour l’instant « Rue du SuCréalisme »

Où trouvez- vous votre inspiration ? Et qu’est ce qui vous a donné l’idée d’écrire un roman sur ce sujet ?

J’étais dans ma voiture, lesporteursdevalises 995-3A di 23 1 1983en partance pour les vacances, et j’appréhendai le moment où j’allais devoir porter les valises de toute la famille jusqu’au troisième étage sans ascenseur. L’idée a bientôt été plus lourde que les valises elles-mêmes.

Pouvez vous me parler de vos œuvres précédentes ?

J’ai écrit des nouvelles et j’ai gagné quelques prix. Mon style reste le SuCréalisme. J’ai été édité dans 4 recueils de nouvelles ( 3 fois à La Table Ronde, une fois chez Edilivre). Porteur de Valises est mon premier roman... ai-je vraiment réalisé des oeuvres avant ? 

Quel est votre  rêve le plus cher ?

Que la vie continue.

 

Je vous remercie d'avoir pris le temps de répondre à ce questionnaire et au plaisir de vous lire pour un prochain roman.

 

 

 

 

Editions Kirographaires

146 pages

19,45 €

 

Commenter cet article

Archives

À propos

Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures. Vous pouvez me suivre sur mon compte twitter ou sur mon compte gmail : Marine Reigner