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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures.

17 Apr

"Purgatoire des innocents" Karine Giebel

Publié par lespolarsdemarine  - Catégories :  #Critiques

«… Ce jour-là, j’ai compris qu’on peut mourir plusieurs fois. Moi, je suis morte dans une chambre sordide, il ya longtemps. Tellement longtemps… Pourtant, quelque chose a survécu. Ou plutôt, quelque chose est né ce jour-là. Quelque chose qui marche et qui parle à ma place.»…

 

Mardi 4 novembre. Place Vendôme. le braquage d’une bijouterie tourne mal. Deux morts et deux blessés graves dont un des malfaiteurs : William, le frère de Raphaël. Butin : 30 millions d’euros. William doit être soigné au plus vite.

Sandra n’est pas médecin mais vétérinaire. Toutefois, elle n’aura d’autre choix, sous la menace de l’arme de Raphaël, que d’opérer William. Les malfaiteurs s’installent chez elle avec leurs complices : Fred et Christel, le temps que William reprenne des forces et soit en état de reprendre la route. Le cauchemar ne fera que commencer pour Sandra.

 

 

Dans un premier temps, une grande importance est accordée à la psychologie des personnages : Fred et Christel forment un couple improbable. Ils sont amoureux mais leur relation est assez particulière. Fred ne parvient pas à percer le mystère de Christel qui est un personnage aussi énigmatique qu’insaisissable.  

Raphaël, le chef de la bande, voue, quant à lui, un amour indéfectible à son frère. Il l’a toujours protégé et s’en est occupé depuis que son père est parti et que sa mère n’a pas su faire face à la situation.

 « Jamais il n’aurait pensé avoir autant envie de protéger quelqu’un. Jamais il n’aurait pensé l’aimer autant ».

Sandra tentera de percer la carapace de celui qui veut se montrer invincible mais qui laisse entrevoir quelques failles. Elle comprendra très rapidement qu’elle ne peut fuir, les hommes étant armés. Alors elle choisira de mettre au point un plan où la manipulation est le maître mot.

Un huis clos oppressant où la tension monte lentement, insidieusement. L’intimidation fera rapidement place à la violence.

 

Pendant ce temps, Jessica, collégienne, jolie, libre, profite de la vie avec son amie Aurélie sans savoir qu’elle est traquée. Depuis des jours. Par un homme qui la suit comme son ombre. Elle ne le voit pas, elle ne le sait pas, mais elle va vivre ses dernières heures d’insouciance.

« J’aurais dû me sauver. Maintenant, c’est trop tard. Il va nous tuer, toutes les deux. J’aurais dû me sauver. J’aurais pu prévenir mes parents, les keufs. J’aurais dû… Je n’aurais pas dû… Je suis punie. D’avoir coupé par le terrain vague. Alors que mes parents me l’ont interdit. Je suis punie… D’avoir songé à m’enfuir de chez moi. D’avoir pensé si souvent que ce serait cool si mon petit frère n’était pas là. De l’avoir jalousé, tant de fois. D’avoir pensé que ce serait peut-être mieux d’être fille unique ou d’avoir Aurélie comme sœur. Je suis punie d’avoir dit des choses horribles à ma grand-mère, avant-hier, d’avoir menti tant de fois. Je suis punie… de tant de choses. »

 

 

Les rapports entre les protagonistes sont particuliers, étonnants. Tous les moyens seront bons pour tenter de survivre en attendant le retour de Patrick, le mari de Sandra, un retour qui donnera une dimension supplémentaire à ce cauchemar.

 

L’être humain est capable du meilleur comme du pire. Dans le cas présent, le pire sera à venir. Huit maîtres mots : la folie (folie des coupables, folie des innocents), la résignation, la manipulation, la soumission, la domination, la peur, l’angoisse, le vice. Une lettre, une seule pourrait résumer cette intrigue où l’horreur est à son paroxysme : M. M comme Mal, M comme Martyrs, M comme maudits.

 

« Purgatoire des innocents » est le septième ouvrage de Karine Giebel qui signe un roman d'une noirceur extrême. Des phrases courtes, un style d’une remarquable fluidité. Elle sait parfaitement captiver le lecteur qui se demandera jusqu’où l’horreur peut aller. Les questions essentielles que l’on pourra se poser à la lecture de ce récit sont : « Pourquoi autant de violence ? Pourquoi autant de souffrance ? Pourquoi autant de haine ?». Là réside le talent de l’auteure qui distille les réponses au fil de l’écriture.   

 

 Le site de Karine Giebel

 

 

Editions Fleuve Noir

20 €

594 pages

 

Sortie le 7 Mai 

"Purgatoire des innocents" Karine Giebel
Commenter cet article

Dorsi77 27/06/2014 08:47

Bon livre mais en le refermant je suis passée à une lecture plus légère. Il parait tellement réaliste que ça laisse une impression de malaise

Marine 27/06/2014 11:32

Il y a effectivement beaucoup de violence dans ce roman. Parfois gratuite je trouve et effectivement le malaise est bien présent.

brigitte 07/05/2013 20:08

Une belle chronique, comme d'habitude, qui ne dévoile rien, tout en suggérant beaucoup. De quoi bien me tenter après avoir lu une chronique qui détaillait tant et plus, tout en éreintant l'auteur ! du coup, je me le procurerai dès que possible ! Merci Marine !

Marine 07/05/2013 22:27

Merci Brigitte, je te souhaite une bonne lecture dans ce cas et attend ton retour.
Amitiés

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