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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures.

12 Aug

'Qui veut la peau de Nestor Boyaux ?' Luc Doyelle

Publié par lespolarsdemarine  - Catégories :  #Critiques

qui-veut-la-peau-de-nestor-boyaux (1)Rencontré au Salon d’Egreville au même titre que Hervé Croenne et Chris Bourgault entre autres, Luc Doyelle est un nom que vous pouvez ajouter à votre liste d’auteurs à découvrir. Je le classerai dans le même registre que Samuel Sutra chroniqué récemment.

« Qui veut la peau de Nestor Boyaux ? » est un polar humoristique.

 

‘Ma cellule offre tout le confort qu’un homme moderne comme moi peut désirer. Ma literie est du dernier cri, comme celui que je pousse lorsque je dérange, chaque soir, mon élevage de cancrelats en tentant de me frayer une place. Ces petits animaux sont doux et attachants. Je les sens en mal d’affection, mais après le traditionnel câlin vespéral, je dois bien veiller à ce qu’ils aillent se coucher de leur côté. Je les ôte de ma peau, un à un, délicatement pour ne pas les blesser, et les dépose sur le sol, près de la plinthe où une petite cavité leur sert de havre de pet. Il est vrai que çà ne sent pas très bon dans leur chaumière, à chaque fois que j’y fourre mon nez. Une fois tout ce petit monde expédié, je peux m’entortiller dans ma couverture en poils de mouton, que j’ai moi-même tissée (la couverture, pas le mouton) au cours de ma première semaine de séjour. C’est une tradition, chaque nouvel arrivant doit tisser sa couvrante, sachant qu’il n’aura d’autre accessoire pour orner son plumard. Ayant choisi d’intégrer ce lieu de repos et de méditation à la date du quatorze janvier, j’ai mis du foie à l’ouvrage pour l’achever dans les meilleurs délais. (…) Mon passe temps quotidien consiste à faire les cents pas dans ma cellule, dans le sens de la longueur, soit environ trente trois allers et retours. Et si d’aventure mon espace me paraissait soudain trop exigu, il me suffit de me joindre à mes petits camarades lors de la promenade collective, à arpenter la cour intérieure dans le sens inverse des aiguilles d’une montre…’

 

Lucus Von Lucius est écrivain, en panne d’inspiration. ‘Agatha Christie et Edgar Poe pouvaient dormir à l’aise, je n’étais pas près de les déloger au panthéon du polar’. Il imagine donc le crime parfait et croise la route d’un clochard. Mais Clodo a tendance à être un peu trop bavard et une vilaine tendance à confondre fiction et réalité. C’est donc à cause d’une langue un peu trop mal pendue que Lucius Von Lucius va se trouver dans un bien mauvais pétrin le jour où on retrouve le corps de Nestor Boyaux assassiné dans l’immeuble où l’auteur s’est rendu le matin même. Et il s’avère que Nestor Boyaux n’est autre que… le meilleur ami de Lucius !

 

Après une petite centaine de pages un peu trop longues à mon goût, quoi que agrémentées d’une bonne dose d’humour, l’histoire commence réellement avec toutes ses péripéties.

Les jeux de mots sont légion et l’effet recherché est réussi. Si tenté que l’on apprécie l’humour de second degré. Lucius et Clodo vont donc devoir utiliser de nombreux subterfuges  pour se cacher au mieux et ne pas être arrêtés. Le lecteur suivra donc avec délectation les pérégrinations des deux protagonistes. Et il s’avère que la cavale n’est pas chose aisée quand on est fauchés. Il faut dans ce cas savoir utiliser  le système D et faire preuve de beaucoup d’imagination.

Mais Lucius et Clodo ne sont pas les seuls personnages. Vous croiserez aussi la route de l'Amie, Web Cam, Canard, Griffu et Zib...

Le résultat final est, il faut l'avouer, assez déjanté. Quant au dénouement, il est, comment dire ?... Original.

 

Mon avis ? Un roman bien agréable à lire, détendant et qui déverouille les zygomatiques. 

 

 

 

Luc Doyelle naît en 1963 sur les bords de la Voulzie (Seine et Marne). Sa mère le trempe alors dans le fleuve en le saisissant par l'oreille gauche, qui restera à tout jamais son point faible (son attrait pour les bonnets rouges et la plongée sous-marine restera dans la légende). luc-doyelle-1.jpgA huit ans, il gagne son premier tour de France tricycle, puis un accident de coton-tige met fin à sa carrière. Il se reconvertit dans le coloriage professionnel, puis organise des courses clandestines de koalas en forêt de Chenoise avant de se découvrir une passion pour l'écriture. Ce sera la consécration : 'Les liaisons presque dangereuses', puis ''C'est au pied du mur qu'on mange des merles', scelleront le destin de tout un peuple.

 

 

 

Laura Mare Editions

296 pages

18 €

 

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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures.