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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures. Vous pouvez me suivre sur mon compte twitter ou sur mon compte gmail : Marine Reigner

13 Oct

'Un crime amoureux' Ellen Guillemain

Publié par lespolarsdemarine  - Catégories :  #Critiques

un-crime-amoureux-ellen-ellen-guillemain-9782848781303…« Vous avez entre les mains le journal d’une meurtrière. J’ai beau chercher une autre façon de l’intituler, j’en reviens toujours à celle-ci. Ceci est le récit le plus honnête possible sur ce qui m’est arrivé. Bien sûr, je pourrais dire que tout a commencé avec Alexandre. Bien sûr, je pourrais y croire – et vous aussi – mais je sais que la vérité d’un acte aussi terrible prend ses racines loin, très loin, à la genèse d’un être. Je n’ai pas tiré sur Alexandre. C’est sur moi que j’ai tiré. Il n’a fait que dire tout haut ce que je pensais de moi tout bas : je n’étais rien qu’un fantôme. »…

 

L’originalité de ce récit est que celui-ci commence par des aveux. Les aveux d’une femme qui vient de tuer son amant. Une femme meurtrie, blessée par la vie et brisée par quelques mauvaises décisions. Pas d’enquête, pas de rebondissements. Mais un simple récit ayant valeur de témoignage ou plutôt de confession.  

Elizabeth Schreiber vient d’être arrêtée pour ce crime qu’elle a avoué. Une enfance ni malheureuse ni heureuse. Mais endeuillée par la disparition trop brutale de son père. Par la force des choses, Elizabeth est une petite fille qui grandit trop vite.

…«  Un choc émotionnel ne laisse jamais indemne. Se rendre compte – à quatorze ans seulement ! – qu’on n’a jamais aucune prise sur les gens ou sur les choses, vous transforme. Je me sentais en décalage, fragile, pas comme les autres. Une impatience à vivre les choses ainsi qu’une violence dissimulée faisaient mauvais ménage dans ma tête.»…

Un évènement crucial va la traumatiser, au point de commencer à sombrer lentement dans la dépression. Et puis vient le jour où elle prend son indépendance. Une nouvelle vie commence dès lors à Paris. Mais Elizabeth est une femme fragile, au cœur blessé par la disparition trop précoce de son père. Celle-ci entretient également avec sa mère des rapports particuliers. Aucune connivence mère-fille mais toujours des relations conflictuelles dont elle souffre beaucoup. Deux femmes qui ne se comprennent pas et qui n’ont d’autre relation que la filiation.

Sa rencontre avec Alexandre va bouleverser sa vie. Elle qui s’est mariée depuis quelques années à peine avec son médecin. Cet amour naissant la taraude et l’angoisse. Cet homme lui fait peur et en même temps l’attire. Toutefois, elle ne pourra résister. Dès lors, ce sera la dérive. Une longue descente aux enfers pour cette femme. Une lente destruction.

 

Ellen Guillemain met l’accent sur les choses de la vie et surprend le lecteur. Je qualifierai son écriture de «transperçante». Elle ne s’encombre pas de détails et ne fait aucunement dans le superflu. Ce roman se lit très facilement et suscite la réflexion sur ce que peuvent être les rapports passionnés. Jean-Jacques Rousseau disait : « Il n’y a qu’un moyen assuré pour détruire une passion aussi violente que l’amour : C’est de se séparer de la personne qui en est l’objet ». Dans le cas présent, cette passion détruira petit à petit cette femme qui finira par commettre l’irréparable.

 

 

Ce n’est pas la première fois que je chronique des auteurs des Editions In Octavo et, à chaque fois, l’impression générale est la même : ils sont tous à découvrir. Bernard Boudeau pour « Le marionnettiste», Gérard Coquet pour « Malfront, Les fantômes de la combe », Ellen Guillemain dans le cas présent. Quelques chroniques à venir : Françoise Weydenmeyer pour « L’enfant des chartreux », Bernard Boudeau pour « Méfie toi d’Assia » et Christophe Tembarde pour « Fontaineblues ».  

Enfin, cette chronique ne serait pas complète sans une mention particulière pour la couverture de ce roman. Superbe ! Et j’ajouterai d’ailleurs à ce sujet : comme toutes les autres. Des couvertures toujours très accrocheuses.

 

 

 

Editions In Octavo

181 pages

18,50 €

 

 Ellen Guillemain013

 

Qui êtes-vous ?

Ellen Guillemain, 39 ans, petite, blonde essayant depuis toujours de canaliser son imagination.

Quel est votre trait principal de caractère ?

L’impatience

Qu’est-ce qui vous plait dans l’écriture ?

Etre romancier c’est être Dieu à certains moments, décider, créer, raturer, faire aimer ou mourir ses personnages et à d’autres moments, être humble car ces personnages vous échappent et vous imposent presque leur volonté. L’écriture c’est de la magie blanche et une drogue dure.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

L’envie d’être regardée, aimée, écoutée.

Etes-vous écrivain à part entière ?

Oui je pense toujours qu’on ne devient pas écrivain, c’est intrinsèque même si j’ai une activité alimentaire.

Comment écrivez-vous ? Avez-vous des moments privilégiés dans la journée ?

J’écris déjà à tout moment dans ma tête, nuit et jour. J’aime la phrase qui sonne. Je tâtonne et je stocke. J’ai la chance d’avoir une mémoire d’éléphant pour les mots et quand une phrase est bonne, il m’arrive de la ressortir longtemps après pour l’insérer dans un récit. Tout le premier travail est là. Après, il n’y a plus qu’à prendre un cahier et un stylo. Pour l’écriture proprement dite, cela peut être frénétique sur trois jours et puis plus rien pendant un mois. Je me recharge en lisant tout ce qui me tombe sous la main : romans, romans historiques, fantastiques, essais, articles.

Pouvez-vous me citer trois qualités et trois défauts ?

La pugnacité, le perfectionnisme, l’écoute

Le perfectionnisme, la procrastination, la paresse

Quel est votre loisir principal ?

Réfléchir

Ce que vous détestez le plus chez un homme ? Et chez une femme ?

Un homme n’a aucune chance avec moi s’il me drague avec des lieux communs du genre : J’aime la femme. C’est rédhibitoire. Ça veut dire quoi messieurs « J’aime la femme » ? S’il est arrogant, idem. Et poseur. Alors là je peux devenir infecte.

Chez une femme, c’est difficile d’être juge et partie. Disons que j’ai du mal avec les ragots et les bavardages inhérents aux groupes de femmes. Je ne supporte pas qu’une femme change totalement de comportement quand un homme approche, qu’elle fasse sa fille fragile par exemple. Et puis le manque d’empathie entre les femmes, c’est bizarre mais c’est comme ça.

La même question avec ce que vous préférez ?

Chez un homme, j’aime l’humour, cela doit être sa qualité principale. J’ajouterais un peu d’autodérision qui permet de dédramatiser la situation. L’art de la conversation. Et puis, toutes ces choses qui échappent à un homme quand il ne sait pas qu’on l’observe : la fragilité, la douceur.

Chez une femme, et bien, la même chose mais l’intelligence et l’art de la conversation pour moi sont primordiaux avec mes amies.

Quelle est votre devise ?

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire

Un livre en écriture ?

Oui, j’ai apposé le mot fin hier sur le tapuscrit et j’entame maintenant la chose qui demande beaucoup d’humilité (et abime mon cher orgueil), la correction. Ce n’est définitivement pas ce que je préfère mais c’est tout à fait nécessaire.

Où trouvez-vous votre inspiration ? Et qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’écrire un roman sur ce sujet ?

Mon inspiration est déjà de l’observation de tous les instants. Des fragments de ces observations sont stockés dans mon cerveau. Puis, ils forment des pièces, comme un puzzle. Quand j’ai assez de pièces, j’essaye de construire le puzzle.

L’idée du roman « Un crime amoureux » est venu d’un fait divers qui a ravivé un souvenir personnel.

Pouvez-vous me parler de vos œuvres précédentes ?

Elles sont restées à l’état de manuscrit mais qui sait ? Peut-être un jour seront-elles publiées ? Ce qui est sûr, c’est que c’est une œuvre hétéroclite. J’aime toucher à tout. Et puis, il y a ce blog : http://milene36.over-blog.com/ que j’ai un peu laissé tomber, promo du bouquin oblige où je me lâchais. Je laissais parler ma folie, mon côté humoristique et sarcastique.

Quel est votre rêve le plus cher ?

Une cabane, l’océan à mes pieds, le soleil sur ma peau, le vent dans mes cheveux, une table, un cahier, un stylo.

 

Je vous remercie Ellen d’avoir pris le temps de répondre à ce questionnaire. 

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