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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures. Vous pouvez me suivre sur mon compte twitter ou sur mon compte gmail : Marine Reigner

12 May

COUP DE COEUR : "Seuls les vautours" Nicolas Zeimet

Publié par Les Polars de Marine

Shawna Twitchell, 5 ans, fut portée disparue le mardi 18 juin 1985 à 20h54. Sa mère, Mandy Twitchell, originaire de Chowchilla en Californie, déclara au shérif Hugues qu’elle était allée étendre le linge dans la buanderie un peu après 19 heures, laissant Shawna jouer seule dans le jardin, et qu’à son retour la petite n’était plus où elle l’avait laissée. Elle ne la trouva ni dans le salon, ni dans sa chambre, pas plus que dans l’abri de jardin que Shawna avait pour habitude de transformer en arche de Noé pour ses petits chevaux.

Duncan’s Creek était un petit village. Cent soixante-dix-huit âmes réparties sur une surface d’à peine dix kilomètres carrés, cela crée une certaine proximité. La population étant constituée de soixante-trois foyers et trente-neuf familles, dont la plupart entretenaient des liens de parenté. Et comme dans tous les petits villages, les nouvelles circulaient à une allure qui défiait la vitesse de propagation du plus virulent des virus.

Petit à petit, l’on apprendra que la femme du Shérif, née Twitchell, n’est autre que la grand tante de l’enfant, que le père de Shawna a été porté disparu mais que l’on n’a jamais retrouvé le corps et que ses grands parents paternels réclamaient la garde de la petite fille depuis longtemps. Mais ces éléments sont-ils réellement en lien avec cette disparition ?

Un drame qui ravivera des souvenirs bien enfouis que d’aucuns auraient préféré pouvoir définitivement occulter. 

 

Tous les personnages de ce roman ont leurs zones d’ombre et sont volontairement entourés d’un halo de mystère. Pour n’en citer que quelques uns, l’on peut parler de Betty Adams, l’institutrice qui entretient une liaison avec un homme marié et au passé assez énigmatique « ayant pour don d’exaspérer les nombreuses commères de Duncan’s Creek ». Alors, « pour combler les blancs de son CV, les langues vont bon train colportant de fausses rumeurs aussi diverses que variées ». Une jeune femme qui devra chasser ses propres démons. Ou de ce Français bien mystérieux qui est, de part son comportement, loin de s’attirer la sympathie des protagonistes de ce roman. Ou encore de ce groupe d’enfants à l’imagination fertile prenant un malin plaisir à se raconter des histoires et à se mettre dans des situations parfois périlleuses. De jeunes adolescents qui ont un petit air du « Club des Cinq » et aux surnoms qui prêteront à sourire : Sam-suffit, Jacques-a-dit, Cody-moi-tout, Jamie-dans-le-mille. Il ne manque plus que le chien Dagobert…  

Les rapports humains sont passés au crible : les rancoeurs, la solitude, la peine, les violences conjugales, les rapports de force entre collègues, et surtout la peur, celle qui vous vrille et ne vous lâche pas.

 

Ce roman, le second de l’auteur, est d’une qualité rare. De part l’épaisseur que l’auteur a su conférer à ses personnages, un style irréprochable et soutenu et son art de manier le suspens en excellant dans l’art de suggérer. Nicolas Zeimet possède un talent indéniable pour créer des scènes plus vraies que nature et la recherche de l’assassin sera reléguée au second plan, ce récit étant plus une formidable immersion sur des terres reculées des Etats-Unis à mille lieux de l’agitation urbaine et du chaos de l’Amérique tant appréciée des touristes. Le lecteur partagera les émotions et le quotidien de ces personnages qui vivent dans cette Amérique profonde très enracinée dans la religion Mormone et sa culture Amérindienne. Il baignera également dans une atmosphère où les menaces planent avec un sentiment diffus mais en aucun cas oppressant de non dits et de mystère. Ce n'est que dans les dernières pages que l'auteur apportera les solutions à tous ces mystères en accélérant le rythme, comme il se doit.

En conclusion, un récit extraordinaire desservi par un style remarquable où les personnages prennent vie sous la plume de l’auteur.

 

« Seuls les vautours » sera, à ce titre, mon premier coup de cœur de l’année. 

 

 

Editions du Toucan

478 pages 

18 euros

COUP DE COEUR : "Seuls les vautours" Nicolas Zeimet
COUP DE COEUR : "Seuls les vautours" Nicolas Zeimet
COUP DE COEUR : "Seuls les vautours" Nicolas Zeimet
COUP DE COEUR : "Seuls les vautours" Nicolas Zeimet
COUP DE COEUR : "Seuls les vautours" Nicolas Zeimet
COUP DE COEUR : "Seuls les vautours" Nicolas Zeimet
COUP DE COEUR : "Seuls les vautours" Nicolas Zeimet

Et si vous souhaitez en savoir plus sur l'auteur, je vous propose de lire les réponses à ces quelques questions :

 

Bonjour Nicolas, pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je m’appelle Nicolas Zeimet, j’ai 36 ans et je vis à Paris. Parallèlement à mon activité d’auteur, je travaille dans le secteur bancaire. J’ai attrapé le virus de l’écriture à 10 ans en découvrant Stephen King. Depuis, je ne me suis jamais arrêté d’écrire !

 

Qu’est-ce qui vous plait dans l’écriture ?

Tout ce qui me plaît dans la lecture : me mettre dans ma bulle, déconnecter du reste du monde et me laisser embarquer dans l’inconnu. En un mot, m’évader.

 

Comment trouvez-vous votre inspiration ?

Mes idées me viennent sans prévenir, le plus souvent. Je suis un grand rêveur, il m’arrive de tomber sur un article dans la presse, d’admirer un paysage ou d’assister à une situation cocasse, et aussitôt mon imagination s’emballe. C’est le cas de « Seuls les vautours » : l’intrigue est née d’un road-trip dans l’Ouest Américain il y a trois ans.

 

Comment écrivez-vous ? Avez-vous un plan ou écrivez-vous au gré de l’inspiration ?

Bien sûr, j’ai la trame en tête dès le départ,  mais une fois l’intrigue en place, je me laisse porter par les personnages. Il leur arrive parfois des choses auxquelles je n’avais pas pensé au départ. Comme dans la vie ! Je sais que je vais d’un point A à un point B, mais pas toujours par quel chemin…

 

Pourquoi avoir choisi d’écrire du polar ?

Pour la simple raison que c’est ce que j’aime lire !

 

Qu’est-ce qui, selon vous, contribue à la réussite d’un bon roman policier ?

L’intrigue, bien sûr. C’est la base. Mais un bon thriller ne saurait se passer de bons personnages. Si le lecteur ne s’attache pas, s’il ne s’identifie pas à eux, il ne vibrera pas…

 

« Seuls les vautours » est votre second roman. Avez-vous rencontré des difficultés pour le faire publier ? Votre parcours à la recherche d’un éditeur a-t-il été laborieux ?

Tout s’est passé très vite avec « « Seuls les vautours ». J’ai envoyé le manuscrit à une dizaine d’éditeurs, et les Editions du Toucan m’ont contacté à peine 15 jours plus tard ! J’ai tout de suite été séduit par l’enthousiasme de Damien Serieyx, qui en est le directeur. Il m’a accompagné et conseillé tout au long de cette aventure, et je tiens à l’en remercier.

 

Quels sont vos auteurs préférés ?

Stephen King est mon auteur préféré, ma principale source d’inspiration dans ce que j’écris. J’ai toujours un de ses livres à proximité, je les lis et relis à chaque fois avec un plaisir décuplé, pour certains vingt-cinq ans plus tard (oui, j’ai commencé très tôt !). Je suis également très admiratif de l’œuvre de Michael Connelly, Armistead Maupin et Jean-Christophe Grangé.

 

Quelle est votre devise ?

Ne faire que ce que j’aime !

 

Si vous n’aviez qu’un seul mot pour vous définir, quel serait-il ?

Comme je l’ai dit plus tôt : rêveur.

 

Quel est votre rêve le plus cher ?

Avoir un jour la chance de me consacrer à 100% à l’écriture !

 

Si vous aviez la possibilité de faire un vœu, quel serait-il ?

Voir la réponse ci-dessus.

 

Le mot de la fin ?

Tout commence aujourd’hui !

 

Je vous remercie, Nicolas, d'avoir pris le temps de répondre à ce questionnaire et je suis également persuadée que "tout commence aujourd'hui" pour ce roman qui vient de sortir aux Editions du Toucan. Bravo et merci pour ce formidable voyage ! 

COUP DE COEUR : "Seuls les vautours" Nicolas ZeimetCOUP DE COEUR : "Seuls les vautours" Nicolas Zeimet
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Marine 13/05/2014 07:11

Ce jeune auteur a un sérieux potentiel, tu me croire Yvan et je suis persuadée que nous n'avons pas fini d'entendre parler de lui.
Bonne lecture !
Bises

Yvan 13/05/2014 07:08

Voilà ma curiosité plus que titillée après un billet pareil ;-). Je note, je note !

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