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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures.

26 May

"Farel" André Blanc

Publié par Les Polars de Marine

Lumière blafarde, odeur aigre, fade, d’urine et de peur.
La femme était étendue sur le ventre, nue, écartelée, les mains et les pieds attachés aux pieds du lit, un sac de plastique transparent lui recouvrant la tête, serré au cou par un large ruban adhésif gris ; Brune, d’une quarantaine d’années, semblait-il. Un petit papillon bleu et jaune tatoué sur l’épaule. Le bronzage intense laissait apparaître la marque très pale d’un string, sur une peau déjà grisée, marbrée par la mort.
Elle s’était débattue, les liens avaient entamé la chair des poignets et des chevilles qui avaient abondamment saigné. Au niveau du bassin, une vaste auréole tachait le drap.
Le sac plastique avait une ouverture, insuffisante puisque le visage était violacé, signe d’asphyxie. Le diamant dans le lobe de l’oreille brillait à travers le plastique. Les deux extrémités du ruban adhésif étaient collées sur la nuque, preuve qu’il n’avait pas eu peur d’affronter le regard de sa victime.
[…]
Sur un fauteuil, des sous-vêtements pliés, comme seule une femme sait le faire, contredisaient la violence du lit et de la mort. Elle avait donc ouvert ou était entrée avec quelqu’un. Ils avaient bu, mangé, mais il n’y avait qu’un verre. Que s’était-il passé ? Querelle d’amants, traquenard, vengeance ? Avaient-ils fait l’amour, avait-elle été violée ? Avaient-ils joué un scénario érotique qui aurait mal tourné ?

La victime : Carole Vantadour était une femme à la vie pour le moins dissolue et la tâche des policiers sera loin d’être aisée. Fichiers cryptés, données informatiques effacées. Une affaire difficile pour le commandant Guillaume Farel et le juge d’instruction Michèle Fournier.

Une enquête assez classique dans un premier temps. Mais quand Robert Kessler, adjoint au maire chargé des travaux, franc-maçon et grand pourvoyeur de fonds électoraux est retrouvé assassiné selon le même modus operandi, l’affaire prend une toute autre dimension. Elle se répand telle une traînée de poudre et défraie la chronique, ce meurtre ayant été commis alors que la campagne électorale bat son plein. 

L’appel au divisionnaire fut plus rapide et brutal. Il donnait trois minutes à Farel pour monter jusqu’à son bureau. Le temps de gravir les trois étages, il frappa et entra directement.
- Alors Farel, vous m’aviez promis que tout irait bien. C’est quoi ce bordel, nom de Dieu ? aboya-t-il, furieux.
- Bonjour, monsieur le divisionnaire, vous m’avez manqué aussi… répliqua Farel, souriant de toutes ses dents, s’asseyant dans un fauteuil.

Guillaume Farel est le personnage récurrent de l’auteur. Dans ma chronique de « Tortuga’s Bank », le premier roman publié de André Blanc, je l’avais décrit comme méticuleux, volontaire et aguerri. Un homme qui n’obtient rien par la violence mais, au contraire, possède une force de caractère bien particulière et ne compte que sur sa force de persuasion afin d’obtenir ce qu’il veut. Un homme qui, de part son sens de l’observation exacerbé, sait trouver les points faibles et en tirer profit.

Un personnage bourru et blessé par la vie mais attachant et qui va jusqu’au bout de ses convictions.

Le présent ouvrage est le second à être publié mais il est important de savoir qu’il a été écrit avant « Tortuga’s Bank ». On remarquera que Farel est moins téméraire, ce que l’on comprend toutefois quand l’on sait que ce personnage évolue dans les deux tomes. Je recommande donc de lire « Farel » en premier puis seulement « Tortuga‘s Bank » pour ceux qui ne connaissent pas encore cet auteur.

Ces précisions étant apportées, je ne peux, une fois de plus, que souligner la qualité de l’écriture ainsi que l’importance de la musique toujours aussi présente. Et ce, pour le plus grand bonheur des mélomanes. L’émotion y est aussi palpable que dans « Tortuga’s Bank » et le seul regret que je pourrai émettre et que l’action ne soit pas plus soutenue et que les personnages secondaires soient quelque peu effacés face au charisme de Farel.

Il n'en reste pas moins que ce nouvel ouvrage qui vient tout juste de sortir aux Editions Jigal est un excellent roman policier dont je recommande très vivement la lecture.

 

 

Editions Jigal

277 pages

18,50 €

 

 

"Farel" André Blanc
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