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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures. Vous pouvez me suivre sur mon compte twitter ou sur mon compte gmail : Marine Reigner

28 Feb

"La femme que j'aimais" Franck Hériot

Publié par lespolarsdemarine  - Catégories :  #Critiques

Antoine Jolimai se réveille un matin aux côtés de sa femme Marie,… morte ! Elle a été étranglée. Quant à ses enfants, ils ont disparu. Son honnêteté et son insouciance lui causeront sa perte. Il sera en effet arrêté dès que Piotr, le veilleur de nuit, aura appelé les policiers. Antoine est le coupable idéal et n’a aucun moyen de prouver son innocence ; d’autant plus que Piotr affirme qu’il est arrivé seul avec sa femme et sans enfants…

Ce ne sera que le début d’un long cauchemar pour cet homme qui venait passer quelques jours à Paris avec sa famille. L’enquête est confiée au 36, quai des Orfèvres au commandant Philippe Gorin qui tentera de percer sa personnalité et de déceler quelle est la part de véracité dans ses propos. Mais l’enquête est bouclée assez rapidement et le verdict tombe. Tout l'accable, il sera incarcéré à Fresnes et condamné à 30 ans de réclusion. Il n’aura toutefois de cesse de proclamer son innocence, même au moment du verdict.

L’histoire est racontée, dans un premier temps, à la première personne du singulier. Antoine se souvient. Des jours heureux, de sa rencontre avec celle qui deviendra sa femme, de son enfance, de ses parents,…

Cet homme que tout accuse est perdu. Il souffre et ne peut rien faire pour prouver son innocence, jusqu’à ce qu’un évènement tout à fait inattendu fera qu’il aura la possibilité de s’évader et d’avoir le soutien de Dominique, une journaliste, et de Gorin, intimement convaincu qu’il est innocent. C’est donc ensemble qu’ils mèneront l’enquête, le policier allant jusqu’à couvrir cet homme, au risque de compromettre sa fonction.

 

Il est très difficile de résumer un tel roman sans en dévoiler le contenu. C’est la raison pour laquelle je m’arrêterai à ce moment du récit. L’originalité de cette intrigue est que les réponses ne se trouvent pas la où on les imagine. La vérité que découvrira le lecteur est surprenante, inattendue et surtout cruelle. « La femme que j’aimais » est un roman qui ne laisse pas le temps de réfléchir, tant l’action est présente et les rebondissements multiples. Le lecteur sera emporté comme dans un tourbillon, dès les premières pages du récit. La qualité de l’écriture est irréprochable et la retranscription des émotions remarquable. L’action se situera dans un premier temps à Paris puis près de la Rochelle, plus exactement à l’île d’Oléron, le port d’attache d’Antoine qui y a passé toute son enfance. C’est là qu’il tentera de trouver les réponses à ses nombreuses questions qui le taraudent, là où tout a commencé. Toujours les mêmes : « Pourquoi ? Pourquoi eux ? Pourquoi m’avoir laissé en vie ? Pourquoi avoir cherché à me faire condamner, à passer le restant de mes jours derrières des barreaux plutôt que de me tuer ? ». Cet homme ne sera plus jamais le même quand il aura compris à quel point la haine peut transformer, peut engendrer des actes inconsidérés et transformer ceux qu’il croyait au dessus de tout soupçon. 

 

Broché Editions Cherche Midi

Poche Editions Pocket

 

 

RENCONTRE AVEC FRANCK HERIOT

 

MR : Bonjour, pouvez-vous, en quelques mots, vous présenter ? Pourquoi avez-vous choisi le journalisme d’investigation ? Comment avez-vous fait vos débuts ? Etes-vous toujours journaliste ou écrivain à part entière ?

FH : J’ai toujours voulu exercer cette profession. Je voulais être sur le terrain. J’ai été journaliste pendant une trentaine d'années dont une quinzaine dans la spécialité police-justice-investigation. Au début, j’ai fait des grands reportages, puis ma rencontre avec Eric Yüng, m’a conduit à faire des reportages sur France Info et sur France Inter pendant de nombreuses années. Je n’ai pas particulièrement choisi le journalisme d’investigation. Je dirai plutôt que cela c’est inscrit dans la lignée des choses.

Je suis ensuite passé à la presse écrite puis dans le monde de l’édition. Maintenant, je me consacre entièrement à l’écriture.  

MR : Que pensez-vous de la façon dont la profession de journaliste a évolué ?

FH : Les moyens sont malheureusement limités et ne permettent pas d’approfondir suffisamment les enquêtes.

MR : Vos romans. « Le diable d’abord » est votre troisième manuscrit. Le premier « La femme que j’aimais » a reçu plusieurs prix : Le prix des Mouettes à la Rochelle, le prix des lecteurs à Rochefort ainsi que La plume de cristal 2010 du Festival international du film policier de Liège. J’ai lu que les droits ont été achetés pour une production cinématographique. Pouvez-vous m’en dire un peu plus ?

FH : Ce projet est en attente pour le moment.

MR : Dans « Le diable d’abord », le roman commence par l’histoire d’un journaliste qui souhaiterait se lancer dans l’écriture mais qui est en panne d’inspiration. Il se décide à suivre un couple qui lui paraît tout à fait improbable mais cette filature tourne au drame. Pouvez-vous nous dire comment vous, auteur, vous trouvez cette inspiration ?

FH : Il s’agit d’une question bien délicate à laquelle je peux difficilement répondre. Je dirai que j’ai souvent un début et une fin bien définie mais je ne fais pas de plan. J’écris ensuite au gré de mon imagination.

MR : Le thème choisi dans ce roman est celui de la vengeance. Un thème assez récurrent dans l’écriture de polars. Vous n’avez pas eu peur de tomber dans les clichés ?

FH : La vengeance est, il est vrai, un thème récurrent dans le domaine du polar mais il s’agit aussi d’un sujet inépuisable. Il est toujours intéressant de voir comment des actes peuvent engendrer un désir de vengeance et  comment cette même vengeance peut être murie et réfléchie.

MR : La fin de ce roman laisse présager une suite. Aurons-nous le plaisir de retrouver le commandant Gorin dans une prochaine enquête ? Pouvez-vous nous présenter en quelques mots la trame de votre futur roman ?

FH : Oui, le commandant Gorin vivra de nouvelles aventures. Il sera sur l’île de Houat où le hasard fera qu’il retrouvera un vieux compère, ancien militaire. Un meurtre sera commis sur cette île et bien qu’il ne soit pas venu pour cette raison, il ne pourra s’empêcher de s’y intéresser et se retrouvera  au milieu d’un trafic de stupéfiants qui le conduira, entre autres, en Afrique que je connais très bien pour y avoir beaucoup travaillé.

MR : Votre personnage principal : le commandant Gorin est un homme assez ténébreux et solitaire. D’où vous est venue l’idée de ce personnage ? Comment l’avez-vous construit ?

FH : Gorin n’est pas un super héros. Il s’agit d’un flic complexe. Il apparait pour la première fois dans « La femme que j’aimais » puis dans mon second roman « La vengeance du Djiin ». Ce personnage évolue pour avoir encore plus d’épaisseur dans « Le diable d’abord ».

MR : Pourquoi avoir choisi d’écrire du polar ?

FH : Tout simplement parce que je connais très bien ce domaine. Il s’agit d’un univers d’une richesse incomparable.

MR : Vous définiriez vous plus comme un auteur de thriller ou de roman noir ?  

FH : Je me définis plus comme un auteur de roman noir.

MR : Dans votre roman « Le diable d’abord », Faust est l’incarnation du mal, un personnage qui contenait une violence enfouie au plus profond de lui-même depuis sa plus tendre enfance et qui, faute d’avoir été entérinée, a explosé avec une telle force que cet homme s’est transformé en monstre ne pensant plus qu’au mal et qui en fait sa raison d’être.

Vous écrivez dans « La femme que j’aimais » : « Le mal, c’est le Diable, et le diable peut prendre les apparences les plus trompeuses… les êtres les plus redoutables, les prédateurs les plus efficaces revêtent souvent les habits des saints. Le mal prend alors le visage du bien. »

Chaque individu a une conception différente du bien et du mal. Pensez-vous que chacun d’entre nous contienne une part de mal ? Pourquoi selon vous, certaines personnes ne cherchent qu’à répandre le bien autour d’eux alors que d’autres trouvent leur plaisir et parfois, passez moi l’expression, leur jouissance, à travers le mal ? Enfin, pourquoi, selon vous, n’avons-nous pas tous la même définition du bien et du mal ?

FH : Dans « Le diable d’abord », Faust est malade. Il n’est pas dans la normalité et à défaut de n’avoir pu être soigné, il est devenu un monstre. La conception du bien et du mal est différente selon l’individu, selon la culture et la tradition dans laquelle il a évolué. La religion joue une grande part également dans la définition que nous pouvons avoir du bien et du mal.

MR : Certains romanciers déclarent avoir un rituel d’écriture. En faites-vous partie ou écrivez-vous selon l’inspiration ?

FH : J’ai pour habitude d’écrire le matin très tôt pendant plusieurs heures. J’ai ensuite besoin de passer à autre chose et ce n’est que le soir que je me replonge dans mon travail d’écriture. Mais j’ai toujours un cahier à portée de main et je peux me réveiller pour coucher quelques idées sur le papier. Mes personnages ne me quittent pas. Je m’endors et je me réveille avec eux.

MR : La littérature policière est un genre qui a connu un essor considérable depuis ces dernières années et beaucoup s’adonnent à ce nouvel exercice. Si vous aviez un conseil à donner à un nouvel auteur de romans policiers, quel serait-il ?

FH : Ecrivez ce que vous avez envie d’écrire. N’écrivez pas pour plaire mais parce que vous avez envie de raconter quelque chose qui vous est propre.

MR : Vous êtes claustrophobe ?

FH : Un peu oui. Mais je suis surtout agoraphobe.

MR : Quelle est votre devise ?

FH : « Deviens ce que tu es »

MR : Si la vie vous offrait la possibilité de tout recommencer, est-ce que vous suivriez le même parcours ou votre choix serait-il différent ?

FH : Je suivrai de nouveau le même chemin.

MR : Si vous n’aviez qu’un mot pour vous définir, quel serait-il ?

FH : Entêté.

MR : Si vous aviez la possibilité de faire un vœu, quel serait-il ?

FH : Ecrire jusqu’à mon dernier souffle.

MR : Prévoyez-vous de participer à des salons littéraires ? Si oui lesquels ?

FH : Je serai le 13 Mars prochain en signature à la Librairie Fontaine Boulevard Haussmann à Paris, le Vendredi 22 Mars au Salon du Livre à la Porte de Versailles sur le stand des Editions du Cherche Midi et le 23 Mars au Salon de Lens.

Je vous remercie beaucoup de m’avoir accordé cette entrevue et d’avoir accepté de répondre à mes questions.

 

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