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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures. Vous pouvez me suivre sur mon compte twitter ou sur mon compte gmail : Marine Reigner

28 Jan

'Le diable d'abord' Franck Hériot

Publié par lespolarsdemarine  - Catégories :  #Critiques

Critique dans un hebdomadaire, ‘il’ cherche lui-même à écrire. Mais l’imagination n’est pas au rendez-vous. Alors qu’ 'il'     devait rencontrer un écrivain, 'il' observe une très belle jeune femme rencontrant un homme. 'Il' décide de suivre ce couple improbable animé d’un pressentiment. Le pressentiment que cette rencontre n’est pas anodine.

« Leur conversation semblait animée, même s’ils prenaient garde à ne pas élever la voix. Elle, la Belle, paraissait inquiète, sur les nerfs. Lui, la Bête, tentait apparemment de la rassurer. Il avait emprisonné ses deux mains dans un seul de ses battoirs. Elle l’écoutait attentivement, ses yeux cherchant à s’accrocher aux mouvements de ses lèvres. Il y eut un silence. Elle baissa la tête, fixant la table, les yeux dans le vide. Lui, jeta un regard circulaire dans la salle et fouilla dans la poche de son pantalon d’où il sortit un billet de dix euros qu’il glissa sous la soucoupe où se trouvait le ticket de caisse. A n’en pas douter, ils allaitent bientôt se lever, quitter la brasserie et disparaître. Il ne les reverrait jamais. Soudainement, cette idée lui parut inacceptable. Il voulait en savoir plus sur ce couple mal assorti, entrevoyant le début d’une histoire peu banale. Pourquoi pas « l’Histoire », avec un grand H, celle qu’il attendait depuis si longtemps ? Il avait un pressentiment, Non, plus que cela, la certitude que ces deux là allaient lui offrir ce que son imagination lui refusait depuis trop longtemps. Il déposa un billet de cinq euros sur la table, rangea son livre dans sa poche et se leva, alors que la porte de la brasserie se refermait sur la Belle et la Bête. Il avait décidé de les suivre. L’idée peut paraître saugrenue ; c’est pourtant ce qu’il fit, se sentant subitement l’âme d’un détective. ».

S’engage dès lors une filature dont le journaliste ignore l’issue finale. Mais il s’avère qu’il sera repéré et tué. Les enquêteurs auront beaucoup de difficultés à l’identifier, le meurtrier ayant pris le soin de lui enlever tous ses papiers d’identité.

Le commandant Gorin est un homme solitaire, ténébreux et peu avenant. En couple depuis une année, il est très amoureux d’Evelyne. Quant il reçoit un message codé qui lui est personnellement adressé, il éprouve bien des difficultés à comprendre qui peut lui en vouloir au point de le menacer.

« 48511035 2170138

   48581132 2175432

   48535719 2500797

   48……………….. ? »

 

Autre lieu : une femme aide un homme à s’échapper d’un hôpital psychiatrique. Dangereux schizophrène, aucun médecin n’a réussi à le soigner. Redoutable prédateur, cet homme s’avère être très dangereux.

Pendant ce temps, un autre cadavre est découvert à Paris. Un corps sans tête. Le premier d’une série. Une fois de plus, le lieutenant est directement concerné. Un message est également retrouvé sur la scène du crime : « Salut Gorin ! T’as le bonjour de Faust ! »

Trois récits parallèles qui n’ont, de prime abord, aucun lien entre eux.

Dès lors, Gorin n’aura de cesse de réfléchir mais ne parvient pas, malgré tous ses efforts, à relier le passé et le présent ni à comprendre pour quelle raison l’assassin s’en prend directement à lui. Il ne trouve aucun dénominateur commun entre Faust, le cadavre sans tête retrouvé à l’ile aux Cygnes et cette série de chiffres et de lettres qui lui sont directement adressés. Si ce n’est que l’ile aux Cygnes était un endroit où il avait pour habitude de jouer étant enfant avec des amis. 

Le jour où il se fait agresser et où Evelyne, sa compagne est enlevée, l’enquête et l’intrigue s’accélèrent. Mais pourquoi une telle haine, pourquoi tous ces corps décapités dont on ne retrouve pas les têtes ? Et surtout, qui peut lui en vouloir à ce point ?

Tant de questions qui ne cesseront de tarauder le policier. Il sera contraint de s’interroger et d’aller au plus profond de lui-même en extériorisant ce passé qu’il avait fini par occulter.

Le thème de la vengeance est assez récurrent dans les romans policiers. Mais il faut avouer, dans le cas présent, que l’auteur sait savamment entretenir le flou pour mieux distiller le suspens. Dès le début du roman, celui-ci use et abuse des ‘il’ et ‘l’inconnu’, une méthode qui a pour effet d’intriguer le lecteur qui, de part l'originalité de cette construction, voudra rapidement avancer dans la narration. Faust et Némésis deviendront les héros de cette intrigue le temps d’un récit. Faust étant celui qui a vendu son âme au diable et Némésis, la déesse de la vengeance chez les Grecs. 

Petit à petit, on connaîtra les origines de la violence dont fait preuve Faust. Celle qui était entérinée dès son plus jeune âge et qui, faute d’avoir été maitrisée, a explosé avec une telle force que cet homme s’est transformé en monstre ; ne pensant plus qu’au mal et qui en a fait sa raison d’être.

C'est assez rapidement que le voile sera levé sur l'auteur de l'orchestration de cette vengeance et Némésis sera rapidement démasquée. Mais cela n'a guère d'importance pour elle. Elle sait changer ses plans et déjouer la vigileance. D'autant qu'elle est impliquée dans une affaire de la plus haute importance et qui est la deuxième intrigue de ce roman.

La vérité que va découvrir Gorin est totalement inattendue. Il comprendra que le passé, si bien enfoui soit-il, finit toujours par ressurgir. Un jour ou l'autre. Et les conséquences peuvent être terribles. Il réalisera également que, sans même le savoir, l'on peut parfois infliger de profondes blessures qui peuvent souvent donner naissance à un désir de vengeance extrême.

 

"Le diable d'abord" est un thriller dont je vous recommande la lecture de part la double intrigue et l'art de l'auteur qui sait surprendre son lecteur jusqu'à la dernière page. La révélation qu'apprendra Gorin dans les toutes dernières lignes sera de celles qui peuvent souvent changer la vie d'un homme.  

  

Franck Hériot est journaliste d’investigation. Après « La femme que j’aimais » (dont les droits audio visuels ont été achetés) paru en 2009  et « La Vengeance du djinn » en 2010 tous les deux publiés aux Editions du Cherche Midi, « Le diable d’abord » est son troisième roman. Il est également le rédacteur de la revue « Crimes et châtiments » un collectif d’auteurs.

France info. Le livre du jour. Emission du 18 janvier 2013

Envie d'écrire - Rencontre avec Franck Hériot

Interview de l'auteur sur le site 'Plume Libre'

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19 €

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Oncle Paul 28/01/2013 16:33

Bonjour Marine
Je suis tout à fait d'accord avec toi. Très belle double intrigue et un épilogue ouvert (quoique le principal soit dit), qui peut donner naissance à une suite, si l'auteur le désire.
Amicalement

lespolarsdemarine 28/01/2013 19:11



Oui je pensais exactement à la même chose en ce qui concerne la fin ! 


Je viens d'ajouter ta chronique dans mon article



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