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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures.

26 Mar

'Le pire du Milieu' (Tonton et ses chinoiseries) de Samuel Sutra

Publié par lespolarsdemarine  - Catégories :  #Critiques

piremilieuChroniquer est une passion qui révèle souvent d’excellentes surprises. Contactée par l’auteur, j’ai, à la réception de ce roman, été tentée de déroger à la règle (qui veut que je ne lise jamais deux romans simultanément) et de m’y plonger. L’originalité du sujet et le ton annoncé m’ayant plus que tentés. C’était en effet bien la première fois que je voyais le mot ‘humoristique’ apparaître dans un polar. Ma curiosité se devait donc d’être satisfaite.

Les premières pages donnent le ton. Samuel Sutra s’est adonné à un exercice bien particulier et somme toute assez inédit : un polar dénué de toute convention. La description des personnages, les situations rocambolesques, les pitreries et réparties de chacun. Tout y est. L’humour y est permanent. En résumé, un roman totalement atypique.

 

Je vous plante le décor : Gérard, Pierre et Mamour sont convoqués par Tonton ‘Le Boss’. Dès le début de la lecture, on attribue très aisément la voix de Tonton à celle bien rocailleuse de Jean Gabin dans un bon vieux film comme on les aime. Sacré personnage que ce Tonton. : ‘Je ne monte pas un plan moi. J’élabore. Manquerait plus que çà tiens !’  Tonton.

'Vous semblez pas percuter, les copains. C'est pas une ligier, c'est de l'allemand. Une tire de ce gabarit, c'est presque fait main. Les pots sont soufflés à la bouche, et les peintures fignolées au pinceau de soie par les lauréats des beaux-arts. Ca va me coûter les yeux de la tête, sauf ton respect Irma. Un cul de bagnole pareil, t'y mets un string, et t'as tous les mecs de la région qui lui courent après !'

Gérard, Pierre et Mamour. Une sacrée équipe de bras cassés. Tonton leur parle du plan du siècle : récupérer un magot de 4 millions d’euros. Rien que çà … Pour ce faire, Tonton va infiltrer un hôpital psychiatrique en simulant la folie afin de pouvoir ‘copiner’ avec le principal intéressé : Emile Von Stroumph qui a investi les lieux depuis assez longtemps, se prenant pour Napoléon et de le faire parler comme il se doit afin d'obtenir le précieux sésame : la combinaison du coffre où le magot est planqué.

Pendant ce temps, les trois autres larrons vont investir une planque : un petit appartement en face de la maison de la mère de Emile. Celle qui constitue un autre problème non négligeable. Celle qui défend ce trésor presque aussi bien qu’une reine assise sur son trône pour que le fiston chéri à sa môman puisse en profiter comme il se doit à sa sortie.

Mais rien ne se passe comme prévu.

‘Mieux vaut être plusieurs sur un bon coup que seul sur un mauvais’.

Situations cocasses à qui en veux tu en voilà. Ce polar sort décidément bien de l’ordinaire. Notez aussi  le nom des personnages : Branlant-Dudaume, Emile Von Stroumph, Mamour, Kiki (le chien si petit soit il, va tenir un rôle plus qu’important). Des noms tous aussi tarabiscotés les uns que les autres et en adéquation parfaite avec le ton du roman.

 

Et le lecteur ne sera pas au bout de ses surprises tout au long de ce roman qui se lit avec délectation et fait de Samuel Sutra un auteur vraiment à part qui s’adonne à un genre peu commun dans cette écriture. Et ce, pour la plus grande joie du lecteur.

On en redemande !

Vous l’aurez donc compris : une très belle découverte. Une des raisons qui m’ont incitée à demander à ce même auteur de répondre à quelques unes de mes questions. Un exercice qu’il a réalisé dans la journée même !

 

Ici-Magazine

 

Qui êtes-vous ?

Samuel Sutra, 38 ans, marié, papa trois fois, Responsable Com’, anciennement étudiant en philo et pianiste de jazz quand la marmaille m’en laisse le temps. Ça devient rare, mais je ne lâche pas ce qui a été et est toujours une passion, et pour laquelle j’ai failli plaquer les études, persuadé que je pourrais en vivre.

 

Votre trait principal de caractère ?

Accommodant. Je fais partie de ces illuminés persuadés qu’une solution est toujours possible entre les gens.

 

3 qualités et 3 défauts ?

Qualités : généreux, attentionné, drôle.

Défauts : aucune notion du temps, bordélique, mauvaise foi (c’est encore ma femme qui parle)

 

Qu’est ce qui vous plait dans l’écriture ?

Créer un monde, et le peupler. Et en écrivant, l’habiter. C’est une bulle, où se passe des choses que je rêverais de voir se réaliser parfois. Et l’écriture me permet de « gérer » les autres, quand je les fais vivre. Exemple : j’aime les westerns, non pas pour l’histoire, mais pour le tranché des caractères. Les gentils y sont toujours gentils, les méchants toujours méchants et toujours punis. Voilà, c’est simple, rassurant, pas décevant. Je recherche ça dans l’écriture. Un monde où les travers humains sont schématisés au possible, et où l’esprit a du « temps » pour le reste.

 

Qu’est ce qui vous a donné l’envie d’écrire ?

L’impulsion toute première ? Elle remonte à loin. J’avais 17 ans, mon père s’est barré, j’ai eu envie d’écrire. J’ai fait un manuscrit, au titre barré aussi, « L’atelier du crabe ». Je l’ai envoyé à plein d’éditeurs. Refus systématique, mais un homme, Claude Faye, directeur de collection chez Belfond a tenu à me rencontrer et m’a écrit par la suite. Pour me demander de retravailler mon texte. « Vous me paraissez doué pour l’écriture ». Je le cite aisément, car j’ai encore sa lettre sous cadre dans mon bureau. Une lettre qui a vingt ans. A l’époque, je n’ai pas continué. J’avais eu le compliment que le gamin que j’étais recherchait. Mais il y a trois ans, j’ai été muté, sans ma femme, loin de Paris. Mon oncle Gérard est tombé gravement malade, et on le croyait foutu.

(Tonton, Gérard, tu vois où je veux en venir…). J’avais des dizaines de textes en friche. J’ai décidé de continuer celui-là, car à ce moment de ma vie, ça m’inspirait. Un livre drôle sur un oncle mourant ? Cynisme ? Non, Gérard a été pendant des années un père pour moi, et je lui dois mon humour à la con. Et je suis content qu’il ait tenu le choc, et pu lire les frasques de Tonton.

 

Comment écrivez-vous ?

Avez-vous des moments privilégiés dans la journée ?

Certains disent que la muse est une femme soldat, et ne tolère pas les retards à ses rendez-vous. Moi, je l’ai dressée, la souris. Elle m’attend, où que je sois, et quelle que soit mon heure. Parfois, c’est moi qui lui pose un lapin. Je me lève la nuit, décide d’écrire, me fait couler un café, et finalement retourne me coucher. J’écris en revanche toujours au même endroit. A mon bureau, dans mon « bordel », entouré de mes disques de jazz, de ma fusée Tintin qui m’a coûté un bras, de tous ces livres dédicacés qui m’entourent, de mon intégrale de San-Antonio, d’un Bouddha, et d’une trentaine de photos noir et blanc qui recouvrent mes murs, toutes de gens qui me sont proches.

 

Votre loisir principal ?

Le piano, le jazz, et la lecture. Et faire rien.

Pas « ne rien faire ». « Faire Rien ». Je suis sûr que lectrice comme vous êtes, vous saisissez la nuance, venant d’un stakhanoviste procrastinateur ;-)

 

Ce que vous détestez par-dessus tout chez un homme ?

Et chez une femme ?

Chez un homme, La cruauté, la prétention, la bêtise revendiquée.

Et chez une femme, la « masculinisation féministe », la méchanceté (un homme sait être cruel comme une femme sait être méchante), et cette même bêtise, qui n’a pas de sexe.

 

La même question mais avec ‘ce que vous préférez’

L’humilité, l’intelligence, la générosité.

 

Même chose pour les femmes, avec en plus la « féminité mystérieuse » (ce qui fait qu’une femme sort de sa salle de bain, est magnifique, sans qu’on sache ce qu’il s’est trafiqué dans cette salle de bain. Je tiens à ce « secret de femme »). Ah, et les beaux seins, parce que bon, hein, on vit qu’une fois.

 

Votre devise ?

La vie est courte, et on n’en a qu’une, alors faites vos jeux.

 

Un livre en écriture ?

Oui. Après la suite de Tonton à paraître en juin, et le régiopolice dans les mêmes eaux, un Tonton 3ème du nom est en travaux.

 

Un polar comique n'est pas monnaie courante, dites moi les raisons pour lesquelles vous avez eu envie d’écrire ce roman en particulier ?

J’aime Allais, Dard, Boudard, Grancher… Faire pleurer, faire peur, c’est assez facile. Quelques ficelles plutôt rôdées livrent presque la manière de faire. Mais faire rire, vraiment, est difficile. Avoir de l’humour suppose d’avoir le tour d’une question. On ne peut faire rire de quelque chose que l’on n’a pas compris. Et quand on écrit du drôle, on attire la sympathie, pas l’admiration. Même si j’en avais le talent, je vivrai mal le fait d’être admiré.Les-tribulations-de-Tonton-et-de-ses-flingueurs_diaporama_v.jpg

 

Votre rêve le plus cher ?

Que mes enfants soient profondément heureux dans leur vie.

 

Un grand Merci Samuel.

Pour votre roman à qui je souhaite un vif succès, pour les prochains à qui je souhaite encore plus de succès, et pour vos réponses à ce questionnaire.

 

Le Blog de Samuel

 

Editions Terriciaë

182 pages

13 euros

 

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P
entretien tres interessant Marine.Merci.Je note
Répondre
L


Merci également pour ce commentaire. 



O
Bonjour Marine
Moi aussi j'ai été conquis par ce roman (chroniqué sur Mystère jazz) et j'attends, j'ose l'avouer, que Samuel Sutra en fasse paraître un autre.
Amitiés
Répondre
L


Oui ce roman atypique change vraiment des polars classiques que nous avons pour habitude de lire et j'ai vraiment passé un bon moment avec les acolytes de l'auteur !


Amitiés



R
Une chronique passionnante et un auteur à découvrir !
Belle façon de commencer une semaine.
Merci Marine !
Amitiés
Répondre
L


Merci à toi Richard et bonne lecture alors !



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À propos

Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures.