"Ne dis rien à papa" / François-Xavier Dillard /
Fanny et Michaël sont parents de jumeaux : Victor et Arno.
Lui est artiste peintre.
Elle est ancienne fleuriste, auteure de « Le langage des fleurs, dites le avec un bouquet ».
Fanny est inquiète. L’un de ses enfants a une propension à la mélancolie, tandis que son frère éprouve un véritable penchant pour le mal.
Lorsqu’ils sont tous assis à table, les conversations s’enchaînent. Tout va toujours très vite chez les Hutchinson. Mais du coin de l’œil, Fanny surveille Arno qui, lui, se tait. Il n’a même pas touché à ses frites, ce qui est le signe évident d’un profond désordre chez un enfant de cet âge. Il relève la tête vers elle et elle voit dans ses yeux la plus profonde des détresses. Il ouvre la bouche pour lui dire quelque chose puis se met à pleurer.
- Qu’est-ce qu’il y a, mon chéri ? Qu’est-ce qui ne va pas ?
L’enfant a posé ses mains sur ses yeux et il secoue la tête. Son frère lui adresse un regard étrange, mi-amusé mi-méprisant.
- Quel bébé ! Un bébé qui pleurniche pour qu’on s’intéresse à lui.
Elle a vu le frémissement qui a parcouru tout le corps d’Arno quand il a entendu la voix de son frère, un frémissement qui s’arrête soudain. Puis, poussant un cri de fureur, le jeune garçon se redresse et se précipite vers son frère. C’est Michaël qui est le plus rapide, il s’empare de son fils et tente de le calmer, mais l’enfant se met à hurler :
- C’est toi qui devrais mourir, Victor, toi !
Maintenant, de profonds sanglots viennent étouffer sa voix. Cette montée brutale de colère en rappelle alors d’autres à Fanny. Elle est totalement crispée et se dit, dans un brusque accès de peur, qu’elle ne peut plus supporter la moindre violence, qu’elle a de plus en plus de mal à entendre ses cris, les cris de son propre enfant. Ces manifestations de colère et de peur, elle ne les supporte plus, depuis bien longtemps.
Lorsqu’un nouveau voisin – pianiste virtuose – s’installe dans la maison d’à côté, Fanny sympathise immédiatement avec lui.
Pendant ce temps, le commissaire divisionnaire Dubois enquête sur le meurtre de trois médecins et la disparition d’un quatrième.
Avant de rejoindre sa voiture, Rémi Dubois relit une dernière fois le SMS que lui a envoyé son collaborateur. Le cliché est net, chirurgical, et cette netteté ne fait que renforcer l’étrangeté et la violence de la scène de crime. C’est vrai, songe-t-il en examinant à nouveau l’écran de son portable. Il a pu constater au cours de sa déjà longue carrière l’indéniable imagination et la saisissante cruauté de certains criminels. Mais là, le type ou la nana qui a fait ça s’est surpassé.
La trame de ce thriller psychologique est simple.
Très simple.
Trop simple.
Et ce, malgré les efforts déployés par l’auteur afin de tenter de brouiller les pistes avec de multiples « morceaux d’histoire » et la multiplication des protagonistes qui auront parfois l’impression de « perdre » le lecteur.
Alors, oui, certes, l'on se demandera quels secrets cache Fanny, qui est ce mystérieux inconnu qui vient d'emménager près de chez eux et quel est le lien avec les trois meurtres. Mais le suspens n'est pas suffisamment intense et l'on arrivera rapidement à la conclusion et ce, sans surprise aucune.
En tout cas, pour tout amateur et habitué du genre.
Il est également à préciser que ce roman peut heurter la sensibilité de certains lecteurs, au vu de certaines scènes particulièrement violentes et n’est donc pas à mettre entre toutes les mains.
Cet avis n’en étant qu’un parmi d’autres et, à la lecture d’autres ressentis glanés sur le net, il s'avère que je suis une des seules à émettre une critique négative ; je ne saurai donc que vous recommander de découvrir les autres critiques des lecteurs afin de décider si vous souhaitez, ou non, lire cet ouvrage.
Editions Belfond
Broché – 315 pages – 18,50 €
/image%2F0557871%2F20181105%2Fob_272e03_ne-dis-rien-couv.jpg)
/image%2F0557871%2F20181105%2Fob_0a860f_dillard.jpg)
/image%2F0557871%2F20181105%2Fob_69ba90_dominant-domine.jpg)