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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures.

29 Dec

'Mademoiselle Chance' Eric Cherrière

Publié par lespolarsdemarine  - Catégories :  #Critiques

64039 391402360942146 756731040 n… «  Chance Doyen, vingt-huit ans, pourrait défiler pour les couturiers, aurait pu jouer dans un film de Visconti ou vivre de sa plastique en paradant au bras des femmes les plus riches de la planète. Pourtant, Chance Doyen  n’est ni mannequin, ni star de cinéma, ni gigolo de luxe. Il est flic. Le dernier d’une longue et prestigieuse famille de serviteurs de l’ordre. Drôle de prénom, Chance, mais ses parents qui n’ont eu qu’un seul enfant et à qui la médecine avait garanti qu’ils n’en auraient jamais, ont voulu saluer leur chance. La dire à voix bien haute chaque fois qu’ils appelleraient leur fils »…

 

Aujourd’hui devrait être le plus beau jour de leur vie. Chance et Aurore s’unissent pour le meilleur et pour le pire. Ils se connaissent depuis leur plus tendre enfance. Ils ont toute la vie devant eux. Ils ont grandi ensemble, fait des projets. Ils sont riches, très riches. Ils ont tout pour eux. Et ils attendent un enfant. A leurs côtés, se trouvent Luc et Marie qui ont aussi choisi ce jour pour unir leurs vies. Luc et Aurore sont les enfants de Jacques Dragan, homme politique de premier plan. Ils sont mariés. La fête bat son plein. Et puis le drame.

Un inconnu tire sur Chance, le laissant pour mort et enlève Aurore. Chance ne peut se résigner à croire que sa femme est morte et n’aura de cesse de la chercher. Avec l’aide de son père Léonard, policier lui aussi, ils la retrouveront 9 mois plus tard. Mais elle est dans un état de coma au stade avancé et a subi de très nombreux sévices. Elle porte toujours leur enfant qui peut naître d’un moment à l’autre. 

… « Les conditions de détention et les violences infligées à votre épouse ont considérablement modifié son fonctionnement cérébral… et celui de l’enfant. …

… On a cousu entre elles les lèvres du sexe de votre femme…

… On dirait que tout a été fait pour empêcher l’enfant de sortir. Ecoutez, je n’ai aucune idée de ce qu’il y a dans l’esprit de cet homme. Par contre, une chose est sûre : votre femme était inconsciente, elle n’a pas souffert des tortures qui lui ont été infligées…

… Par contre, le bébé n’était pas dans le coma, lui… »…

Avec Aurore, une autre femme est retrouvée : Agnès Dantré, gynécologue renommée disparue depuis cinq mois. Le ravisseur, quant à lui, est rapidement arrêté mais le mystère reste entier quant à son identité et à ses motivations. Cet homme est inconnu, semble avoir subi une opération afin de changer d’aspect physique et n’est pas identifiable.

… «  -    Comment vous appelez-vous ?

-      Je n’ai pas de nom.

-      Tout le monde a un nom.

-      Ce n’est pas vrai.

-      Que voulez-vous dire ?

-      Rien d’autre que ce que je dis. La plupart des gens n’ont pas de nom ; ils croient en avoir un mais ce n’est pas le cas. C’est une illusion.

-      C’est un peu compliqué ce que vous me racontez là.

-      Non. Ce qui est compliqué, c’est vous et moi, ici. Vous savez ce que j’ai fait à votre belle-fille mais vous ne savez pas pourquoi.

-      C’est effectivement pour ça que je suis là.

-      Un jour, j’ai lu un livre qui expliquait qu’on pouvait mesurer l’importance d’un homme dans la société à son pouvoir de nuisance sur les autres.

-      Vous voulez avoir de l’importance ? C’est ça ?

Il y a eu un temps de silence. Un temps de réelle réflexion. Il a pris le temps de répondre, m’a fixé et dit :

-      Je voudrais surtout avoir un nom qui soit autre chose qu’une illusion. »…

On le surnommera : l'Inconnu. Il est condamné à la perpétuité.

Pendant ce temps, le bébé est né. Son père lui a donné son prénom. Il l’appellera Mademoiselle Chance. Atteinte d’une tumeur, elle est condamnée par la médecine. Elle qui a connu l’horreur alors qu’elle n’était qu’un fœtus, elle a ressenti toutes les tortures infligées à sa mère lors de sa grossesse et fait des crises d’angoisse à répétition. Ses nuits sont peuplées de cauchemars et seul son père peut la réconforter, trouver les mots qui la calment et la guérir. Mais dès que celui-ci s’éloigne, elle s’éteint tout doucement. Il ne peut la quitter. Ne serait-ce qu’un instant. Il a donc fait le choix de se retirer avec elle et de vivre loin de tout, reclus de tout environnement social. Pendant neuf années, il regarde grandir sa fille qui lui rappelle tant sa femme au même âge. Jusqu’au jour où il apprend par son père ce qu’il redoutait le plus : le ravisseur s’est évadé de prison. 

Dès lors, l’Inconnu poursuivra sa folie meurtrière, ses cibles étant les enfants des invités du mariage. Des enfants d’hommes politiques, influents ou célèbres. 

 

L’auteur alterne dans son écriture entre la sensibilité liée à l’amour indéfectible entre Chance et sa fille et l’horreur des scènes de crime. Le personnage de Mademoiselle Chance est très attachant. Celle-ci tient une place prépondérante dans l’intrigue. Son père n’ayant  d’autre choix que de toujours se déplacer avec elle, elle se voit élevée comme une adulte et fait preuve d’une grande maturité. Le tueur, quant à lui, se fond dans la masse et est invisible. Il joue les caméléons et devient l’ennemi public n°1. Il est précis, redoutable, machiavélique et surtout totalement imprévisible. Cet inconnu qui ne tue que les riches exècre le pouvoir et la puissance et se joue des forces publiques. D’autant plus que l’enquête se heurte au mutisme du pouvoir et de l’armée. Un homme calculateur, ayant toute sa raison et sa lucidité et qui s’en était pris à l’époque volontairement à Aurore et à Chance. Mais pourquoi ? Qui est-il ? Quelles sont les raisons qui le poussent à tant de violence ? Quel a été l’élément déclencheur de cette haine ? Et surtout, pour quelles raisons s’en prend-il aux enfants qui figuraient sur la liste du mariage, eux qui sont maintenant devenus de jeunes adultes ?


Après ‘Je ne vous aime pas’ chroniqué il y a quelques mois, Eric Cherrière signe un excellent thriller où l’escalade de la violence est bien moins prononcée que dans le premier roman, ce qui le rend bien plus accessible au large public. La vérité est, quant à elle, inattendue. Terrible, cruelle et déconcertante. Totalement addictif, le suspens est présent jusqu'à la dernière page. Si vous êtes amateur du genre, je ne saurai que vous conseiller de noter sa date de parution prochaine : le 14 Février 2013.

 

Le blog de l'auteur

 

 

Editions Cherche Midi

477 pages

19,50 euros

 

Commenter cet article
S
Hou la là!<br /> L'intrigue est intéressante et le suspense est là. Effectivement, le personnage de mademoiselle Chance est un ruisseau de fraicheur dans un livre bien noir.<br /> Mais hélas, l'auteur se laisse aller dans certaines scènes dans des phrases et des idées qui mériteraient un suivi psychologique ou des séances de désintoxication .... C'est bien dommage!<br /> Il en reste un roman de goût amer, des idées subliminales dignes des plus tristes révolutionnaires<br /> <br /> Eric Cherrière est-il aussi refoulé qu'il le parait?<br /> Un peu plus de retenue lui serait commercialement plus profitable<br /> <br /> Superapi
Répondre
M
Bonjour Superapi,<br /> <br /> J'ai l'impression que ton rythme de lecture est effréné en ce moment et c'est très bien !<br /> <br /> Je suis d'accord avec ton avis général mais en ce qui concerne la retenue je dirais :&quot;si tu savais&quot;... C'est souvent ce manque de retenue qui fait vendre et beaucoup aiment ça et en redemandent. Il ne faudrait pas que je te fasse lire &quot;Purgatoire des innocents&quot; de Karine Giebel, Je crois que tu demanderais grâce.<br /> <br /> A bientôt.
V
Mais comment fais-tu pour tenir ce rythme? Tu dois être comme le petit lapin tambour, branchée sur Duracell!!! Sans rire, c'est toujours un régal de lire tes chroniques qui nous balisent le chemin<br /> et nous mènent vers de nouvelles découvertes.
Répondre
L
<br /> <br /> Mes heures de lecture sont mon moment de détente. Je lis le soir et c'est un vrai bonheur après des journées bien remplies. Je te remercie Vincent pour ta fidélité dans la lecture de mes<br /> chroniques. Je t'embrasse.<br /> <br /> <br /> <br />

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