'Mako' de Laurent Guillaume
La préface d'Olivier Marchal résume parfaitement ce qui attend le lecteur :
'Laurent Guillaume nous touche par son écriture sans concession, sa connaissance de ce métier unique de flic, ses personnages ambigus et attachants malgré leur violence et leurs défauts. Il nous explique qu'il n'y a pas de flic parfait. Les flics parfaits sont planqués dans des bureaux de ministère à lécher la gomme de leur crayon et le cul de leurs supérieurs sans gloire en espérant accéder aux places privilégiées dans des bureaux encore plus grands et encore plus chauds. Ces bureaux tant convoités. Plus près du bon Dieu.
Les autres, ce sont Mako et les siens. Des flics gonflés d'adrénaline, traqués par leurs démons et obsédés par leur boulot. Un boulot de terrain. Celui qui ne pardonne pas aux faibles. Un boulot dont ils sont obligés de transgresser certaines règles pour le faire bien. Au détriment de leur propre bonheur. Et de leur vie privée.
Plongez vous dans Mako. Dans la banlieue et la nuit glacée. Dans les bagnoles de service qui sentent le sang, la clope, la peur et la sueur de ceux qui sont les gardiens de vos rêves.
Peut-être aimerez vous un peu plus les flics. Peut-être découvrirez vous un monde désenchanté auquel vous ne vous attendiez pas. Mais vous découvrirez surtout le plaisir de lire une incroyable descente aux enfers. Avec un héros jusqu'au-boutiste. Qui se bat pour la seule chose qui lui reste : la vérité. Celle que l'on doit aux victimes et à leurs proches'.
Mako est un policier de la BAC (Brigade Anti Criminalité) qui traîne 'sa carcasse', son désarroi et sa solitude. Arrivé sur les lieux d'un viol, il veut venger Lily, la jeune prostituée agressée. Il perd la raison en passant à tabac le violeur lors de l'interrogatoire. Mais en punissant ainsi lui même l'auteur de ce viol, il déclenche sans le savoir, une traque qui s'avère très dangereuse.
Laurent Guillaume, l'auteur de 'Mako' est donc lui-même policier. Il vient de revenir du Mali où il est resté pendant de nombreuses années et exerce maintenant en France.
J'avais déjà critiqué ses deux autres romans : 'Le roi des crânes' et 'Doux comme la mort', un roman noir paru il y a peu.
Un auteur qui fait incontestablement partie de mes préférés. Parce qu'il a l'art de manier les mots et n'a pas son pareil pour décrire de véritables situations. Rien ne sonne faux dans ses phrases poignantes. L'écriture est remarquable.
Mako est en réalité son premier roman, celui par lequel il serait normalement logique de commencer si vous voulez découvrir cet auteur que je ne saurai que vivement vous recommander et qui signe, une fois de plus, un 'roman palpitant et d'une force désespérée qui vous emmènera aux portes de l'enfer... Un coup de maître'. Pour reprendre les derniers mots de la préface de Olivier Marchal et qui traduisent exactement ma pensée.
Un chef d'oeuvre !
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