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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures.

28 Oct

'Vengeance sans visage' Fabrice Pichon

Publié par lespolarsdemarine  - Catégories :  #Critiques

…«Quatre, cinq, peut-être six fois, Stéphane s’est réveillé en sursaut, le temps s’égrenant au rythme de ses périodes de somnolence et d’éveil. Aux questions sans réponses qui envahissaient son esprit, il préférait la fuite dans un sommeil sans rêve. La pièce est faiblement éclairée par la lumière que diffusent les résistances du radiant. Aucune clarté extérieure ne pénètre dans ce lieu dans lequel la moiteur artificiellement créée par le chauffage s’est installée. L’odeur de moisissure oppresse toujours sa poitrine. Les bracelets qui entravent ses poignets et ses chevilles le font souffrir dès qu’il tente de se lever. Ses membres sont engourdis à force d’immobilité. La peur de mourir dans cet endroit lugubre l’effleure parfois. Mais très vite il se rassure en se remémorant les propos de son geôlier : « N’oubliez pas ! Vous avez le choix ! » Vivre ou mourir ! L’alternative est simple et il a choisi de survivre à cette épreuve. Mais il tente de comprendre, connaître la raison de ce traitement. Rien de ce qu’il avait pu dire ou faire ne justifiait un pareil emprisonnement. »…

 

Le corps d’un homme vient d’être retrouvé crucifié contre la porte de la Citadelle de Besançon après avoir été planté de toutes parts avec des compas. Peu de temps après, un second cadavre est retrouvé. Cette fois sur le fronton de la porte Noire. Le commissaire Nicole Devignes prend l’affaire en main avec son équipe. Les policiers vont tenter de faire le lien avec un suicide vieux de 30 ans, celui de Ghislain de Burry qui, dans la nuit du 21 juin 1978, avait quitté le domicile conjugal sans un mot d’explication et mis fin à ses jours en se jetant sous un train.

 

 

                   

L’assassin est redoutable, machiavélique et calculateur. Heimatlos va tout faire afin de fabriquer de fausses preuves de culpabilité qui vont assouvir sa soif de vengeance et ainsi faire endosser les deux meurtres ainsi que le suivant à sa victime qu’il maintient prisonnier.

La commissaire, quant à elle,  est un personnage au caractère bien trempé. Le lecteur se demandera qui est réellement Nicole Devignes, cette femme qui mène son équipe d’une main de fer et dont le passé est assez ténébreux et énigmatique.

 

 

Les points faibles ?

Une intrigue assez simple. Je trouve personnellement le prologue trop explicite. J'ai donc rapidement pu imaginer qui étaient les assassins et ce, dès le début du roman.

Une couverture bien trop austère.

Les points forts ?

Une narration desservie par un style remarquablement travaillé qui en fait indiscutablement une lecture de qualité. De plus, le rythme s'accélère aux 3/4 du roman et la chute est on ne peut plus inattendue.

Un titre parfaitement adapté et correspondant on ne peut mieux à l’esprit du roman.

En conclusion, un auteur à découvrir. Je suis en effet persuadée qu’en étoffant ses intrigues, nous n’aurons pas fini d’entendre parler de lui.

 

 

 

Qui êtes-vous ?

Fabrice PICHON, j’ai 45 ans, marié et trois enfants. Enfin quand je dis enfants c’est pour éviter de penser que le temps passe vite, que l’ainé va atteindre le quart de siècle et le benjamin effleure l’âge de la majorité. Je vis en Bourgogne et je travaille dans une société d’assurances comme spécialiste en risque d’entreprise. Je partage mon temps entre la Franche-Comté et la Bourgogne.

Quel est votre trait principal de caractère ?

Je pense que l’optimisme est le trait principal de mon caractère, même si avec l’âge je deviens plutôt réaliste.

Qu’est ce qui vous plait dans l’écriture ?

Je crois qu’écrire c’est posséder un peu le pouvoir de dieu. Quelle prétention n’est-ce pas ? En réalité, pendant l’espace d’une histoire, on peut refaire une vie, fabriquer une destinée, faire vivre des personnages et les faire mourir.

Et puis il y a un plaisir indescriptible à créer une intrigue, en espérant que le lecteur se laissera porter et prendra autant de plaisir à lire que celui que j’ai d’écrire.

Qu’est ce qui vous a donné l’envie d’écrire ?

J’ai commencé à écrire à l’adolescence pour m’échapper de cet âge ingrat et vivre au travers de l’imaginaire. J’ai été encouragé au collège par une prof de français qui préférait Georges Pierquin ( « les anti-gang ») à Baudelaire.

Je n’ai repris la plume qu’en 2000 pour un concours régional. Mais c’est depuis trois ans que l’envie est revenue plus forte. En fait à l’occasion d’un changement d’employeur j’ai retrouvé un secteur qui fleurait bon mon enfance, et j’y ai retrouvé aussi des douleurs oubliées. L’écriture de « Vengeance sans visage » est la conséquence de ces retrouvailles. Aujourd’hui l’envie de poursuivre l’écriture est issue de toutes les belles rencontres que ce premier roman m’a permis de faire, les discussions avec les lecteurs, la petite étincelle que je vois parfois dans leurs yeux lorsqu’ils me parlent de ce qu’ils ont ressentit en lisant. C’est super motivant !

Êtes-vous écrivain à part entière ?

J’arrive tout juste à me considérer comme un auteur.

Comment écrivez-vous ?

Avez-vous des moments privilégiés dans la journée ?

Tout commence avec une idée surgissant de je ne sais où. Ce peut-être une phrase, un lieu, une odeur ou un sentiment. Et puis cette idée fait son chemin. Parfois elle reste à l’état d’embryon, parfois l’intrigue s’affine et se met en place, des personnages apparaissent au fur et à mesure de la réflexion. Je visualise énormément les scènes sous tous les angles jusqu’à trouver celui qui me convient. Tout cela se passe en toile de fond dans mon esprit. J’ai parfois l’impression que mon cerveau est en ébullition.

Puis lorsque je me sens prêt, que j’ai le premier chapitre sur le bord des lèvres, j’écris une première phrase et la suite s’enchaîne.

Le moment privilégié est celui du coucher. Avant de m’endormir je visualise le chapitre jusqu’à ce que le suivant se dessine à son tour. 

Ensuite j’écris en fonction des circonstances : parfois j’utilise un cahier, parfois je tape directement sur le traitement de texte. J’avoue que je privilégie le cahier pour le moment car il me permet d’écrire n’importe où.

Je relis énormément car je sais d’où je pars et où je veux emmener le lecteur. Entre les deux, rien n’est établi et parfois les personnages s’émancipent, ce qui nécessite de faire beaucoup d’aller et retour entre les chapitres pour conserver une cohérence.

Quand le manuscrit est bouclé, je le laisse reposer plusieurs semaines avant une ultime relecture et si je me laisse porter par l’intrigue c’est le moment pour arrêter.

Pouvez-vous me citer 3 qualités et défauts ?

- responsable, conciliant et ouvert

- la mauvaise foi (selon Madame), colérique (selon les enfants) et rebelle (selon mon boss)

Quel est votre loisir principal ?

J’apprécie de partir une journée en famille sans avoir d’objectif bien fixé et de prendre le temps de nous poser quelque part pour pique-niquer. Me rendre disponible pour eux est un loisir à part entière car trop rare.

Ce que vous détestez par-dessus tout chez un homme ? Et chez une femme ?

Le jugement immédiat sur les apparences, le fameux « regard de l’autre ». Ce n’est pas forcément de la méchanceté mais c’est souvent de la bêtise, et c’est quelque chose qui peut blesser ou détruire un individu. Dans ce domaine la parité « homme-femme »est respectée.

La même question mais avec ‘ce que vous préférez’

La capacité de certains êtres à faire preuve d’un altruisme réel. Je suis très admiratif de ces personnes.

Et j’ajoute qu’en ce qui concerne les femmes, il y a cette part de mystère que me fait les préférer à la gente masculine, part de mystère que nous ne pourrons jamais décrypter tant nous sommes mal équipé pour cela.

Quelle est votre devise ?

« Ça va toujours mieux que si c’était pire ! »

Un livre en écriture ?

Plusieurs en réalité. Je suis devenu boulimique. Je travaille en fait sur trois projets en fonction de l’inspiration.

Un troisième volet pour l’équipe du commissariat de la gare d’eau. Un autre projet beaucoup plus sombre et peut-être plus social qui correspond à mon état d’esprit du moment  et enfin ce que j’appelle ma « danseuse » : un  polar qui se situera dans deux unités de temps distinctes ( 1948 et 2010) avec la présence de personnages célèbres et comme personnage central une maison et pas n’importe laquelle. Mais pour cette histoire j’ai besoin de l’autorisation des ayant-droit d’un grand nom du music-hall et donc j’ignore si le projet ira jusqu’à son terme.

Où trouvez- vous votre inspiration ?

Dans chaque projet il y a une petite part de vécu.

Dans « Vengeance sans visage » cette part était prédominante.

Pour d’autres projets il peut s’agir de quelques minutes de ma vie autour desquelles se greffent des personnages, une intrigue. C’est parfois le souvenir d’un endroit et des personnes que j’ai croisé. Je pense que mon inspiration plonge au cœur de mon propre vécu

Pouvez-vous me parler de vos œuvres précédentes ?

Elles dorment, enfouies sous la poussière au fond d’un tiroir. Je crois que « Vengeance » est ma véritable première histoire.

Quel est votre rêve le plus cher ?

Que mes enfants puissent s’épanouir dans ce qui les fait vibrer.

 

Je vous remercie Fabrice, pour cet interview très intéressante.

Au plaisir de vous lire de nouveau !

 

Editions ECB

290 pages

16 € 

'Vengeance sans visage' Fabrice Pichon'Vengeance sans visage' Fabrice Pichon
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O
Bonjour Marine
Second avis, après celui de Pierre, qui est élogieux.
A mettre sur ma liste
Amitiés
Répondre
L


Tiens nous au courant !


Amitiés Paul



S
un auteur à découvrir... ce livre semble plaire à bcp de lecteurs et je penses le découvri moi-même très vite grâce à cette chronique...merci
Répondre
L


Quand tu veux Sandrine !



P
Salut Marine, nous sommes d'accord. Un premier roman fort prometteur par sa maitrise globale. Amitiés
Répondre
L


Tout à fait !


Amitiés Pierre



V
Ta chronique reflète assez bien mon ressenti à la lecture de ce livre. Les personnages sont bien campés, la narration est fluide et précise. Je regretterai comme toi que l'on soit orientés dès le
début vers une partie de la solution.
Répondre
L


Je pense que l'auteur s'améliorera encore par la suite. 



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À propos

Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures.