Edward Hopper
De
Edward Hopper (1882-1967), nous connaissons principalement la toile ‘Nighthawks’ peinte en 1942. Il en disait : ‘Nighthawks’ montre comment je m’imagine une rue pendant la nuit, pas
nécessairement quelque chose de particulièrement solitaire. J’ai fort simplifié la scène et agrandi le restaurant. Inconsciemment sans doute, j’ai peint la solitude dans la grande ville’. C’est
en réalité le seul tableau qui montre une vitre courbe et laisse voir le verre : l’espace du bar entoure les personnages comme un récipient hermétiquement clos. La nuit sur la ville n’est
éclairée que par la lumière dans le bar.
Ce tableau a été repris et modifié à maintes reprises.
Mais aller plus loin dans la connaissance de ce peintre, découvrir sa vie ainsi que ses autres œuvres quj sont très nombreuses est passionnant. Une exposition qui est présentée au Grand Palais à Paris depuis le 10 Octobre et jusqu’au 28 janvier 2013.
http://www.grandpalais.fr/grandformat/exposition/edward-hopper/
Une exposition que je vous conseille vivement de réserver, au risque de devoir attendre quelques heures dans la file d’attente…
http://www.francebillet.com/place-spectacle/manifestation/Exposition-EDWARD-HOPPER-HOPPE.htm
‘Soleil dans une cafétéria’.
Ce tableau peint en 1958, est celui d’un effet de miroir avec ‘Nighthawks’. L’un suivant un regard nocturne de l’extérieur vers
l’intérieur, l’autre dépeignant un espace intérieur avec vue sur l’extérieur dans la lumière du jour.
Et cette maison ? Elle ne vous rappelle rien ? Vous qui lisez des romans policiers ?...
Ce tableau fut peint en 1925 et est intitulé : ‘Maison au bord de la voie ferrée’. Une huile sur toile qui se trouve à New York et dont Alfred Hitchcock
s’est inspiré pour son film : ‘Psychose’.
Une opposition entre la lumière du soleil qui illumine cette maison et les ombres profondes qui planent sur cette imposante résidence victorienne. Ce qui confère une certaine mélancolie. Ce tableau exprime le thème central d’Edward Hopper : l’aliénation de la vie moderne. Faisant fi des images liées à l’énergie et à la prospérité des années folles (les années 1920), la marque de Hopper est la représentation de la vie moderne à travers des scènes auxquelles il a ôté toute sentimentalité et qui traduisent un isolement physique ou psychologique. Hopper s’est inspiré de certaines résidences qu’il avait vues en Nouvelle-Angleterre et d’autres observées le long des boulevards parisiens.
Celui-ci, peint en 1940 : ‘Essence’ est celui que je préfère. Il détermine le regard du spectateur qui tombe du bord de la route sur la station-service et qui est amené à se
tourner vers la marque ‘Mobilgas’. Nous sommes au bord d’un bois épais et impénétrable, une route déserte. D’un côté, la nature ; de l’autre, la civilisation, symbolisée par une
station de service. L’homme est seul, l’action reste comme suspendue. L’illumination artificielle si caractéristique de Hopper, suggère que la nuit approche. Une rupture marquée entre
la civilisation et la nature.
Ce qui est le plus marquant dans tous ses tableaux est la lumière. Elle irradie ses peintures.
Le dernier tableau de l’exposition : ‘Deux comédiens’ qu’il peint en 1965, montre deux clowns sur une scène
qui prennent congé de leurs spectateurs
devant un rideau fermé. Les traits du visage de ces deux personnages de scène ne fait aucun doute. Il s’agit de Edward et de Jo Hopper qui tirent leur révérence. Edward Hopper décèdera deux ans
plus tard. Son épouse le suivra de peu.
Les premiers tableaux d’Edward Hopper représentent des vues de Paris, en particulier de la Seine et du Louvre, une période parisienne qui correspond à l’époque où l’artiste vivait dans la capitale et qu’il a continué à peindre même une fois rentré aux Etats-Unis, tant il avait été marqué par cette époque.
Après son retour en Amérique, c’est sa femme Jo qui l’incite à produire des affiches, des gravures ainsi que des aquarelles. Il choisit de se consacrer entièrement à la représentation de paysages américains et de maisons de la Nouvelle-Angleterre. Aucune présence humaine.
Les figures humaines réapparaissent à la fin des années 1920. De nombreux tableaux représentent des femmes et les personnages se multiplient ensuite pour devenir de véritables acteurs, comme dans Nighthawks en 1942. Hopper figure des personnages anonymes et archétypaux, dont le visage ne trahit aucune émotion, comme si le décor ou la situation le faisaient pour eux. Pourtant, de ses toiles se dégagent diverses impressions : le silence, la tension, l’exclusion, la mélancolie. Des rues désertes, des pièces aux dimensions exagérées mettent en valeur les personnages et suggèrent un effet d’aliénation.
Plus tard, le peintre leur conférera plus de profondeur psychologique et les mettra en scène dans leurs relations avec les autres. Quant aux toiles représentant des pièces, elles sont de plus en plus épurées et vidées de tout mobilier.

Autoportrait (1925-1930)