'La première fois j'avais 8 ans' Sandrine Lamoureux
J'ai, une fois de plus, le
plaisir d'accueillir Sandrine dans le cadre du cercle de lectures
pour la
chronique de 'La première fois j'avais 8 ans' écrit par Sandrine Lamoureux.
Je viens de poser ce roman qui m'avait été conseillé par un membre de ma famille qui l'avait elle-même fortement marqué par sa noirceur et l'escalade de la violence et je dois avouer que j'en suis encore quelque peu retournée…
Présentation de l’auteur dans un article sud ouest en date du 09/04/2011
« Ne me prenez pas pour une tueuse »
À la voir menue et rieuse, sous des airs d'éternelle ado, en grillant une cigarette à la terrasse d'un restaurant, on lui donnerait le bon Dieu sans confession ! Installée depuis six mois sur une île où elle a ses attaches et gardé de nombreux amis, la petite souris aux allures de tanagra tient plutôt de la belette.
Née en 1975 et maman de deux enfants, Sandrine Lamoureux
a été l'assistante de Besson dans une autre vie et aussi et surtout l'auteur d'un roman noir paru en 2005, qu'elle a
présenté lors d'une émission d'Ardisson, véritable numéro d'anthologie (à voir sur ina.fr). « La première fois, j'avais 8 ans » n'est vraiment
pas le genre de livre de chevet à mettre entre toutes les mains. Il fait le portrait glaçant et décomplexé d'une serial killeuse précoce. « Lorsque j'ai écrit mon premier roman, j'étais encore
chez Luc Besson. Entrée comme standardiste par le biais de mon chéri monteur, je suis passée, en trois mois, à la relecture des scénarios (la série des taxis notamment et tous les trucs en « i »
comme Yamakasi, Wasabi, etc.) en même temps que grimpé d'un étage. Je suis restée dans la maison pendant cinq ans, deux ans de plus dans le comité de lecture ».
Mon avis :
Ce livre est très centré sur lLICE, enfant de 8 ans qui débute sa carrière en tuant un enfant de son âge. Pupille de la nation, elle vit dans un foyer et continuera à tuer sans aucun regrets ni remords. Son physique mi femme-mi enfant la font passer inaperçue aux yeux de tous et cela lui permet de commettre ses crimes sans risque de se faire prendre…
Au fil des pages, elle nous livre ses pensées les plus noires, son dégoût de la vie, de l’amour, de l’amitié, de son corps…. Une asociale des plus caractérisée qui hait tout. Sa fascination pour la mort est à la limite du supportable. Une sociopathe au sein d’une société qu’elle hait …
Elle tue sans logique juste dans l’urgence de ses pulsions sans distinction d’âge ni de race dans le choix de ses victimes…et jamais personne ne fera le rapprochement avec ses crimes et cette jeune femme avec un corps d’adolescente qui refuse de se nourrir et ne survit qu’en buvant café et coca light.
Au fil des années elle trouvera en Achéron, un homme « son jumeau » du mal et après bien des années de meurtres en commun ou solitaire, elle le quittera (je ne peux vous en dire plus) et trouvera en Jésus (un vrai antéchrist) « son élève ».
Un être encore plus démoniaque, noir et sanguinaire qui la touchera et lui fera baisser sa garde… Cependant l’élève finira par dépasser le maître. On est tour à tour choqués, séduits… On découvre la vraie part d’ombre chez l’humain, son côté animal …
Un livre dur, sombre, noir mais si réel…
Editions Intervista (24 mars 2010)