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Férue de littérature policière, mes goûts sont très éclectiques : romans noirs, romans à suspense, thrillers, thrillers psychologiques ou polars. Face à la profusion d'ouvrages de littérature policière, il est parfois bien difficile de faire son choix. Je vous donne donc mon avis quant à mes lectures. Vous pouvez me suivre sur mon compte twitter ou sur mon compte gmail : Marine Reigner

28 Jul

"Une putain d'histoire" Bernard Minier

Publié par Les Polars de Marine

Au commencement est la peur...

De nouveau, ce grincement métallique dans son dos. Un cri rouillé. Comme si on aiguisait quelque chose. Un coup de vent dans ses cheveux, entre les mailles du filet.
Imaginez sa peur. Elle n’a pas dix-sept ans. Imaginez une telle peur, si vous le pouvez. Une peur si grande qu’elle vous brise les os, qu’elle gonfle votre cœur au point qu’il donne l’impression de vouloir exploser dans votre poitrine. Une peur qui tend et raidit les muscles comme des codages gorgés d’eau qui auraient séché et durci au soleil.
Le pont du bateau tangue sous l’effet de la houle et elle a du mal à garder l’équilibre. Surtout avec ce lourd filet de pêche sur ses épaules et sur sa tête. Elle sent ses nœuds durs à travers ses cheveux, elle respire son odeur d’algues, de poisson, de gasoil et de sel qui lui soulève l’estomac ; elle n’a pas la moindre idée de ce qu’elle fait là –elle sent juste sur ses épaules tout le poids de ces cordages empêtrés, humides et malodorants, de ces algues pareilles à des lanières, de ces chaînes de lestage. Elle les sent peser et ruisseler sur elle. Et toute cette pluie qui s’abat sur sa tête. Elle voudrait en voir davantage, mais il fait si sombre, si sombre ….
Il est là, pourtant – tout près. Une lueur passe dans ses yeux quand il se plante devant elle et la regarde, sous sa capuche crépitante ; cela ne dure qu’un seconde, mais c’est là, dans ses pupilles : ce qui l’attend. Elle a un hoquet de terreur. Il s’agrippe à un taquet, sur la lisse de plat-bord. Mais pour elle, tout n’est qu’ombres, nuages comme de l’ouate teinte en noir, bout de lune pâle et tordue tel un ongle griffant la nuit, arbres noirs, rivage noir, vent – et l’espace restreint du petit chalutier, dangereux et plein de crochets et d’arêtes rouillées qui l’ont déjà blessée.
Entre le grand treuil et la cabine ; là où il va accomplir sa tâche répugnante.
« Tu n’aurais pas dû en parler », dit-il.
Il a une voix froide, lointaine et étrangère.
« Est-ce que tu comprends maintenant ? »
Il danse d’un pied sur l’autre, les yeux fixés sur elle. Elle grelotte. Elle a la bouche ouverte, sèche, pâteuse, et tout à coup elle rote. Il passe les bras autour d’elle, autour du magma formé par le filet, les cordes, les paquets de varech qui emprisonnent son corps, comme s’il allait l’inviter à danser une gigue grotesque, un tango absurde, et il la pousse vers l’arrière.

Henry a 16 ans.

Il raconte son histoire. 

Je m’appelle Henry Dean Walker.
J’aime les livres,
les films d’horreur,
les orques et Nirvan
et j’ai seize ans.
Je vis sur Glass Island, une île au nord de Seattle, à quelque milles marins du Pacifique, à l’ouest de Bellingham et du comté de Whatcom, dernière étape avant la frontière américano-canadienne. Elle appartient à un archipel, les San Juan, qui compte sept cent cinquante îles et îlots à marée basse et plus d’une centaine à marée haute. Semés comme une chaussée rocailleuse et couverts de forêts, de petits ports pittoresques et de routes. Toujours des routes : accrochées aux corniches, surplombant estuaires et bras de mer, sinuant tels des ruisseaux dans nos forêts profondes – une vision de l’Amérique.

Sa petite amie Naomi veut le quitter. Elle lui dit avoir découvert qui il est réellement. Elle a peur. Et c’est après une violente altercation qu’elle disparaît à bord du ferry.

Très rapidement, son corps est retrouvé.

Quant à la mère de Naomi, elle est portée disparue.

 

 

Drôle d’adolescent que ce Henry qui n’a pas le droit de poster aucune photo sur le net, que ses deux mamans adoptives « promènent » d’un endroit à l’autre comme si elles cherchaient à se et à le cacher.

 

 

Deux mois plus tôt, Martha Allen reçoit une carte. 

Il va bien, Martha. C’est devenu un bon garçon, aussi beau et fort que sa mère. Brûle cette carte après l’avoir lue. Et ne cherche pas à en savoir plus.

Quatre questions se posent :

- Qui est Henry ?

- Qui a assassiné Naomi ?

- Pourquoi ?

- Où se trouve la mère de Naomi ?

 

C’est le chef Bernd Krueger qui va être chargé de l’enquête.

 

 

La construction du récit est une alternance passé-présent, permettant à l’auteur de décupler le suspens, chaque élément nouveau de l’enquête étant suivi par une rétrospective.  

J’ai regretté un début laborieux et une enquête longue à démarrer : les 150 premières pages auraient pu être facilement réduites de moitié et permettre ainsi un démarrage plus tonique.

Toutefois, une fois passées, il faut avouer que l’auteur sait donner à son récit une tournure intéressante. Le suspens est bien entretenu et l’ambiance de la côte Ouest des Etats-Unis bien retranscrite.

L’enquête est réalisée dans un premier temps par Henry et ses amis, celle de la police piétinant.

 

Alors, ce roman est-il "Une putain d'histoire" ?

Oui et non. 

Oui : excellent page-turner, linéaire, simple à lire et captivant. 

Non : il ne fera pas partie de mes lectures préférées. 

Je relativiserai donc en disant que ce récit est une très bonne histoire et que j'en conseille la lecture. Le final est en effet, assez surprenant, et ce, même si quelques indices disséminés au fil de la lecture, permettaient de deviner l'identité de l'assassin. Mais les toutes dernières pages sont pour le moins inattendues.

En conclusion, un avis assez mitigé en ce qui me concerne.

 

 

 

 

21,90 €

525 pages – broché

XO éditions

"Une putain d'histoire" Bernard Minier
"Une putain d'histoire" Bernard Minier
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