"Niceville" Carsten Stroud
Le roman s’ouvre en plusieurs volets :
- - Quartier de Garrison Hills. La tension est à son comble. Rainey Teague a disparu. Disparu ou plutôt « volatilisé » devant la vitrine d’un antiquaire. Pas plus tard que le lendemain, l’enfant est retrouvé… dans un endroit des plus improbables.
« Sur un geste de Nick, Moochie remit les images en marche. Le flic cherchait quelque chose, un indice exploitable. A 15.13.54, Rainey commencait à détacher son visage de la vitre et à ouvrir la bouche. A 15.13.55, il reculait en s’appuyant sur son talon gauche, bouche bée. A 15.13.56, il n’était plus sur l’image. L’écran montrait un espace vide sur le trottoir.
Rainey avait disparu….
… Deux images plus tôt, il était tout près de la vitre, mais il commençait à …
A faire quoi ?
Reculer avec horreur ?
En voyant quoi ?
Quelque chose dans le miroir ?
Quelqu’un derrière lui ? Nom de Dieu, qu’est-ce qui pouvait bien se passer à ce moment-là ? »
- - Un homme commet un massacre lors d’une course poursuite.
- - Bock est relaxé malgré les souffrances qu’il a infligées à sa femme et à sa fille mais sous certaines conditions.
- - Kate et Nick Kavanaugh, respectivement avocate et ancien Officier des Forces Spéciales, vont prendre en main les différentes enquêtes.
Niceville. Ville d’ombres et de lumières où la frontière est très mince entre le réel et l’irréel. Ville maudite rongée par un mal mystérieux, possédée par ses propres démons, par sa propre folie et où le taux de disparitions est bien supérieur à la moyenne.
« Nick, je te l’ai dit. Niceville n’est pas une ville comme les autres, même pour le Sud, qui n’est déjà pas un endroit comme un autre. C’est peut-être la chaleur, à moins qu’il n’y ait vraiment un truc bizarre dans la Fosse du Cratère. Niceville vibre d’une manière étrange. J’ai grandi ici, moi, ne l’oublie pas ».
Un univers tout en noirceur où vont se confronter et s’affronter les forces du bien et du mal au nom d’une très vieille querelle ayant divisé plusieurs familles fondatrices. Un polar hybride où le destin de multiples personnages se croisent et s’entremêlent de manière assez complexe. L’auteur mettra beaucoup plus l’accent sur les différents rapports entre les policiers et leur implication dans un braquage, le tout sous couvert d’un style qui pourra faire penser à l’univers de Tarantino. Quant à l’enquête, les policiers eux-mêmes éprouveront parfois des difficultés à distinguer les frontières entre la fiction et la réalité.
Ce roman pourra paraître décousu de part sa construction. On se demandera quel est le lien qui pourra tisser la toile mais les différentes bribes d’histoires vont se reconstituer tel un puzzle.
Un roman où toutes les questions soulevées ne trouveront pas forcément de réponses, « Niceville » étant le premier volet d’une trilogie.
A noter : un concours est organisé sur la page Facebook des Editions du Seuil qui vous permettra de gagner des exemplaires de ce roman. Pour cela il vous suffit de participer à l'enquête où des indices sont disséminés sur plusieurs blogs partenaires.
Le mien est le suivant : "C'est à ce stade que vous prendrez conscience de votre existence"
Bonne chance !
Editions Le Seuil
502 pages
22,50 €
Prochaine chronique : « Oh, my dear ! » de T.J. Middleton au Cherche Midi

